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Claudine RoyLa passion de sa régionPour la Gaspésie, Claudine Roy déplacerait des montagnes. Voici le portrait d’une femme qui fait beaucoup pour une région qui en a bien besoin. «Découragement? Pour le moment, cet état m’est inconnu», déclare Claudine Roy qui, à 50 ans, s’occupe de ses projets avec le même enthousiasme qu’il y a 20 ans, lorsqu’elle a commencé à mettre en valeur sa Gaspésie natale. Fondatrice de la Grande Traversée de la Gaspésie, un événement mobilisant plus de 300 skieurs et bénévoles par année, elle est aussi l’âme du bistro-bar le Brise-Bise. Son établissement est devenu un incontournable rendez-vous culturel. Avec son enthousiasme contagieux, Claudine est aujourd’hui une référence en matière d’engagement. L’an dernier, la Grande Traversée de la Gaspésie a reçu un prix de l’Association touristique du Québec. En 2005, le ministère des Affaires municipales et des Régions du Québec a rendu hommage à Claudine Roy pour son implication sociale et sa contribution à l’amélioration de la qualité de vie de ses concitoyens. À l’origine de ses réalisations: une passion inextinguible.
Gaspésienne de cœur
Cet amour passionné pour sa terre natale lui a été transmis par des parents et des grands-parents fiers d’être Gaspésiens. Tout a commencé à Pointe- à-la-Frégate, où le grand-père de Claudine, un pêcheur de morue qui ne savait ni lire ni écrire, lui enseignait que la mer allonge le regard, élargit l’œil et agrandit l’intérieur. «Il me disait: “Prends ce qui est grand et navigue avec ça!”»
Dans la jeune vingtaine, Claudine décide de s’éloigner de son foyer pour étudier l’éducation physique à Québec. «Alors que d’autres jeunes Gaspésiens avaient honte d’être originaires de ce coin apparemment pauvre et oublié, je me suis toujours sentie fière de cette région qui m’a vue grandir», se rappelle-t-elle. Baccalauréat en main, elle est revenue au bercail et a participé à des campagnes nationales centrées sur l’activité physique. Celles-ci ont peu à peu pris de l’ampleur. Du guts!Claudine reconnaît, sans fausse modestie, qu’elle possède une énergie énorme, plus considérable que la moyenne des gens. «Je me lève habituellement vers 3 h 30, 4 h du matin. C’est que le temps passe vite!» Pour elle, la passion est galvanisante: «Elle m’habite, elle me fait plaisir, elle me fait avancer. Je suis fougueuse! Elle me permet de me retrouver, non pas de me perdre. Même si je suis passionnée, je cherche l’équilibre. J’ai un milieu de vie exceptionnel avec des espaces immenses, je fais de l’activité physique et j’ai un fils merveilleux; c’est le plus beau cadeau de ma vie.»
Nadia BiniLa passion de l’environnementSociologue et ébéniste, Nadia Bini concentre son énergie sur la création d’habitations écologiques. Une passion… renouvelable! Les propos réfléchis et les gestes posés de Nadia Bini cachent une âme incandescente. L’énergie de la jeune femme semble être sans limite, et sa passion pour l’environnement s’inscrit dans une réalité concrète. Pensons tout simplement à sa participation à l’émission Les citadins du rebut global, dans laquelle une équipe a pour mission de rénover de fond en comble un immeuble en misant sur des solutions écologiques. «J’ai toujours été passionnée par les questions touchant à l’environnement; cela fait partie à la fois de ma nature et de mon choix de vie en tant que citoyenne. C’est un besoin irrépressible qui me donne de l’énergie», affirme cette spécialiste de l’éco-construction et de l’installation de systèmes d’énergie renouvelable.
Une passion pragmatiqueÀ 31 ans, Nadia pense que son intérêt pour l’environnement ne fait que croître, même si son discours n’est plus enflammé comme à l’adolescence, une époque où elle était plus émotive et plus romantique. Au début de la trentaine, elle a une vision du monde réaliste qui tient compte des enjeux de son époque. «Je suis devenue très pragmatique», confie-t-elle. Comment peut-on être à la fois passionnée et terre à terre? À son avis, la motivation doit être émotive mais, pour que la passion dure, elle doit être vécue avec un esprit pratique. Nadia constate que, de nos jours, les gens ne sont pas encouragés à travailler avec passion. Elle note que beaucoup d’enjeux se réduisent à la notion du pratique. «L’économie est à la base de tout et, dans le monde dans lequel on vit, pour que ce soit viable, il faut que ce soit pratique et surtout économiquement rentable», résume-t-elle. Communauté d’esprit Nadia aime travailler avec discipline, en s’appuyant sur des convictions et en comptant sur un réseau solide. Le fait de fréquenter des gens qui ont les mêmes préoccupations qu’elle est une question de survie émotionnelle. «Par moments, je me trouve un peu à l’écart. Parfois, on ne voit pas à quoi ça sert de se battre pour une cause, mais il faut croire à ce qu’on fait et partager nos valeurs avec des gens qui nous comprennent.» Aux autres, Nadia croit pouvoir quand même transmettre son intérêt pour les solutions écologiques, en agissant concrètement. «Prôner, ce n’est pas très efficace...», conclut celle qui prêche plutôt par l’exemple.
Lise CoupalLa passion des enfantsLise Coupal enseigne depuis 18 ans aux petits du primaire avec la même ferveur et s’émerveille encore de chacun de leurs progrès. Cette enseignante de vocation pourrait s’afficher comme un modèle dans la profession, mais elle préfère parler de son amour des enfants.
Lise Coupal est professeure dans Parc-Extension, un quartier populaire multiethnique de Montréal. Ses élèves viennent des quatre coins du monde, ce qui donne à sa classe des allures de Nations Unies en miniature! Chaque année, elle accueille une vingtaine d’élèves en première année. Sa mission: apprendre à lire, à écrire et à compter à ces enfants d’immigrants qui, à la maison, parlent le penjabi, l’espagnol, l’arabe ou le chinois. «Certains arrivent ici en ne sachant que quelques lettres de l’alphabet, mais à la fin de l’année ils savent lire et écrire; c’est magique! C’est ma plus grande récompense.» Le regard allumé et la voix enthousiaste, l’enseignante enchaîne sur ce qui lui fait tant aimer la compagnie des enfants: leur ouverture d’esprit et leur absence de préjugés. «Entre eux, il n’y a pas de discrimination. À cet âge, ils sont complètement ouverts. La couleur de la peau? Aucune importance pour eux. Je me demande à quel âge ça commence à changer...», lance-t-elle.
Des séparations difficilesLes séparations de fin d’année sont à la mesure de l’ardeur que Lise met dans son enseignement: intenses! Mais l’expérience lui a appris un sain détachement. Et puis, chaque rentrée est comme un recommencement. «Chaque groupe est différent, c’est étonnant. Quand je commence l’année, je ne sais vraiment pas ce qui m’attend.» Ce qui la fascine le plus dans ses classes, c’est la capacité d’adaptation des enfants. Certains sont au Québec depuis quelques semaines et progressent à pas de géant. «Ils partent de très loin et réussissent à s’en sortir. Plusieurs d’entre eux sont promis à un brillant avenir. Leur persévérance, leur curiosité et leur intelligence les mèneront loin. Et pourtant, ils ne parlaient même pas français au début de l’année. Ils m’épatent.» La passion à portée de mainLa passion de Lise Coupal se vit au quotidien, par de toutes petites victoires. Un enfant qui peut dessiner un sapin de Noël, sans jamais en avoir vu un vrai. Une fillette qui sort de son mutisme pour révéler, à six ans, d’étonnantes capacités de leader! Un petit élève à l’élocution difficile, mais mû par tant de volonté et de persévérance qu’il finit par surmonter les obstacles. La passion peut se nourrir de petites choses. «J’ai voulu devenir enseignante très tôt. Je savais que c’était ma place. Et si je n’avais pas l’amour des enfants, je ne ferais pas ce métier», affirme celle qui, à la retraite, rêve de s’engager bénévolement auprès d’enfants malades. Lise Coupal a participé au film de Sylvie Groulx, La classe de madame Lise, qui a remporté le prix Jutra du Meilleur documentaire, en mars dernier.
Nathalie St-GermainLa passion de la solidaritéNathalie St-Germain a choisi de donner aux femmes la possibilité de se sentir belles, et elle le fait avec amour et détermination. Elle s’engage activement auprès de celles qui, souvent, n’ont pas le luxe de s’offrir une mise en beauté. Pourquoi cette coiffeuse de 40 ans ne se contente-t-elle pas de s’occuper de son salon de coiffure situé Plateau Mont-Royal, à Montréal, et de jouir des fruits de son travail, après plus de 20 ans d’expérience? «Je suis particulièrement sensible aux choses les plus tristes de la vie», explique-t-elle lorsqu’on lui parle de son engagement auprès de La rue des femmes, un organisme de soutien aux femmes en difficulté. En plus de coiffer gratuitement ces dernières, Nathalie utilise l’infrastructure de son salon pour organiser, tout au long de l’année, une campagne de financement pour l’organisme. «Je garde toujours une boîte sur mon comptoir et je sollicite des clients qui ont des entreprises», dit-elle.
Le mot d’ordre: compassionDans son quotidien, Nathalie redonne tout son sens au mot «compassion», en conjuguant son amour de la coiffure et son amour du prochain. Le tout, sous le signe de la passion, bien sûr. «La passion est inépuisable; c’est ce qui nous aide à vivre. En me donnant entièrement, je me ressource, je deviens plus forte», explique-t-elle. L’une de ses plus grandes satisfactions est de constater que, même chez les femmes qui ont une vie difficile, la passion peut revenir. Et à sa façon, Nathalie leur transmet un peu de sa détermination par des gestes simples, qui les inspirent. «Je crois que bien des femmes en difficulté qui s’assoient sur ma chaise de coiffeuse redécouvrent la passion grâce à l’encadrement que La rue des femmes leur donne», estime Nathalie. Une histoire de solidaritéChez les St-Germain, la solidarité, la compassion et le cœur au ventre font partie de l’histoire familiale. «J’ai eu de bons exemples dans ma famille. Ma mère, qui a aujourd’hui 68 ans, a toujours été très dévouée. Elle a élevé ses huit enfants toute seule», explique-t-elle. Aujourd’hui, ce sont les petites choses de la vie qui aident Nathalie à garder la flamme. «Je m’accroche aux joies les plus anodines, ainsi qu’à ce que j’ai de plus précieux dans ma vie: mon fils, mon travail, ma vie sociale», dit-elle.
posté à 07:01 le 7/06/2006 par débora
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Qui porte les culottes?posté à 05:53 le 11/05/2006 par débora
Couple, qui porte les culottes?Dans certaines sociétés, les hommes arborent les cheveux longs, alors que les femmes se rasent la tête. Dans d’autres, elles portent le pantalon, et les hommes, la jupe. Chez certains couples, les rôles sexuels démentent les clichés qui entourent la répartition du pouvoir. Et chez nous, qui détient l’autorité? Par Débora Pinheiro
Chez les Toda, en Océanie, c’est aux hommes qu’il incombe de s’occuper des tâches domestiques. Chez eux, certains rôles sexuels sont contraires aux nôtres, et les rapports de domination sont inexistants. Ici, il semble qu’on s’inspire plus souvent qu’on ne le pense de la dynamique politique dans nos rapports amoureux.
Du monde diplomatique
Ce fait n’empêche pas Ângela de contester parfois la politique financière de son mari. «L’an dernier, nous avons dû négocier en famille l’achat d’un jeu vidéo dont les enfants raffolaient», se rappelle l’avocate de 39 ans. Alors que les enfants exerçaient leur lobby pour obtenir le modèle dernier cri, Ângela a insisté pour l’achat d’un jouet moins cher. «Devant son plaidoyer, je me suis trouvé dans une situation moins avantageuse», dit en souriant Hermes. Après une discussion familiale, lui et les enfants ont accepté le point de vue d’Ângela: il valait mieux attendre un an ou deux avant de se procurer un jeu vidéo plus puissant, compte tenu du prix du jouet, de la situation financière de la famille et de l’âge des enfants. Mais il est un domaine où l’avocate n’obtient pas toujours gain de cause avec Hermes, et c’est celui de l’alimentation. Alors qu’elle se soucie de préparer des repas équilibrés, son mari cède souvent aux caprices des enfants, qui réclament de la malbouffe. «Ça me fâche, mais je n’en fais pas tout un plat!», dit-elle avec un clin d’œil. Sa stratégie est de rester zen et de tenter de convaincre son mari avec de bons arguments. Dans leur code de déontologie amoureuse, le plus fort est celui qui parvient à convaincre l’autre que, pour le bien de tous, il vaut mieux faire tel choix plutôt que tel autre. «Toutes nos décisions sont le fruit de notre capacité à dialoguer, que nous soyons plus ou moins d’accord ou que nos opinions soient aux antipodes l’une de l’autre», résume-t-elle. Politiquement amoureux
Lorsqu’il est question de pouvoir, le couple est d’accord sur un point: le sens de la justice finit par l’emporter. «On ne pourrait pas fonctionner dans un partage injuste, c’est pourquoi on cherche toujours à se mettre à la place de l’autre. Cette démarche nous amène à faire la synthèse de deux opinions, de deux manières de faire différentes, voire de deux positions antagonistes», explique Stéphanie. Vincent ajoute que la meilleure manière de gérer le pouvoir est de privilégier un esprit de collaboration. «Si on fait attention l’un à l’autre, si on évite de se blesser mutuellement, on échappe à des comportements destructeurs qui mèneraient à une compétition mesquine», estime-t-il. Grâce à cette dynamique amoureuse, le couple parvient à trouver un bon équilibre dans sa vie domestique, du portefeuille jusqu’à la cuisine en passant par les moments d’intimité. Si l’argent est fraternellement partagé, c’est Stéphanie qui gère les relations sociales du couple: elle s’occupe des sorties et des rencontres avec les amis et la famille. En contrepartie, elle accepte que son conjoint décide du menu, qu’il s’occupe du transport (la voiture est à lui) et qu’il s’exprime librement lorsqu’il a envie de lui faire la cour. Vincent raconte qu’il aime louer des films qui leur plaisent à tous les deux, faire couler un bain pour Stéphanie ou mettre le paquet en l’invitant en croisière. Vincent a gardé le contact avec Stéphanie lorsqu’elle a décidé de s’installer dans une autre ville et il n’a pas tardé à l’y rejoindre. Ils se connaissaient alors depuis deux mois. On croit volontiers la jeune femme quand elle dit que son amoureux est plus romantique qu’elle. Et ce n’est pas tout: «Depuis que nous habitons ensemble, il trouve toujours une manière de me surprendre, de me faire plaisir, d’apporter de petites joies dans notre vie routinière», remarque-t-elle. Comment s’y prend-il? Stéphanie rougit. Cette fois, ce n’est manifestement pas de nos affaires... Les culottes, ça se partage
«Pour faire le ménage aussi, c’est souvent moi qui prend l’initiative», précise-t-elle. «Et je fais ma part!», tient à ajouter Roberto. C’est elle également qui gère le portefeuille familial: «Je n’oublie jamais les dates d’échéance des factures!» Dans la cuisine, en revanche, c’est souvent lui qui prend les décisions, admet le couple sans hésiter. «Il est beaucoup plus doué que moi pour la cuisine. Et quand je fais de la popote, il aime intervenir, ce que j’accepte volontiers. C’est aussi lui qui s’occupe de l’auto, ce qui ne m’intéresse pas du tout», confesse cette Québécoise d’origine portugaise. Né au Québec, Roberto est le fruit de l’union d’une Allemande et d’un Colombien qui ont élevé, à Montréal, un garçon multiculturel, féministe et foncièrement progressiste. Pour lui, le port des culottes dans la vie d’un couple relève plus des valeurs personnelles que de la culture nationale. «Je partage avec ma compagne un idéal qui se reflète dans le partage des tâches de notre vie quotidienne. Nous avons une vision progressiste de la société, et notre manière de fonctionner vise une cohérence avec ces valeurs, qui privilégient l’ouverture d’esprit, la justice et des relations équitables», explique-t-il.
Que font-ils lorsqu’il faut trancher? «On trouve toujours un compromis, ne serait-ce que grâce à un coup de chance!», lance Márcia. Elle se souvient d’un spectacle auquel elle tenait absolument à assister avec son bien-aimé. Le problème, c’était le prix du billet, qui ne cadrait pas du tout avec le budget du couple. Márcia avait un billet gratuit, mais il fallait débourser une petite fortune pour acheter le second. «Habituellement prêt à me faire plaisir, Roberto a décliné mon invitation, pour des raisons financières. J’ai eu beau insister et lui proposer de payer son billet avec mon argent, il estimait que ce n’était pas juste, et que nous n’avions pas les moyens d’aller à ce concert.» La solution résidait dans un juste milieu entre le désir de l’un et le souci de l’autre: Roberto a accepté d’attendre devant la billetterie avec Márcia, qui espérait se voir offrir une place gratuite à la dernière minute, dans le cas où quelqu’un ne se serait pas présenté. «On l’a eue!», se rappelle-t-elle. Elle ajoute qu’on peut réaliser une foule de rêves avec de la bonne volonté et de la patience. L’amour sous contrôle et la pauvreté à la portée de tousposté à 08:36 le 10/02/2006 par débora
Lorsqu’ils contestent, dans ses Manuscrits de 1844, une perception linéaire de l’histoire, peinte par l’idéologie capitaliste comme une évolution inévitable, Marx et Engels mentionnent que même dans l’amour nous sommes loin d’avoir fait des progrès par rapport aux sociétés tribales dites primitives. Dans la société capitaliste, disent-ils, l’argent est la fraternisation des impossibilités : « celui qui peut acheter le courage est courageux, même s'il est lâche »… S’ils parlaient d’un temps où les personnes ne pourraient échanger que l'amour contre l'amour, la confiance contre la confiance et ainsi de suite, ce temps est encore à des années-lumière du monde globalisé. Dans Amour Liquide, le sociologue Zygmunt Bauman actualise cette discussion en dressant un portrait minutieux de nos pratiques sociales et affectives en temps de mondialisation. En gros plan, on parcourt le scénario d’une société contrôlante qui, aussi par l’entremise des avancées technologiques, vend l’individualisme à tout prix comme une solution d’échange à la liberté ; en zoom, l’amour liquide, le désir solide et la consommation dans tous ses états. Bauman évoque les reality shows, les chats, des nouvelles zones de contact et de réseautage, voire les manières les plus conventionnelles et anodines de se rencontrer et de tisser des relations. Il expose de plus près les nouvelles facettes de ces amis, amoureux, collègues et camarades qui nous sommes devenus : déconnectés, désengagés, détachés et, pourtant, très souffrants, aux prises avec l’insécurité affective où chacun navigue à la dérive. Amour Liquide met en contexte la monétarisation qui aide à démanteler les habilités sociales et affectives dans le monde globalisé. C’est ainsi qu’autrui devient, dans la meilleure des hypothèses, un partenaire dans l’acte solitaire de consommer ou, encore pire, un objet dont la valeur se mesure par le plaisir qu’il apporte. « Dans ce processus, les valeurs intrinsèques des autres en tant qu’êtres humains sont en train de disparaître », remarque Bauman. Lors du triomphe du marché de consommation, la solidarité humaine est la première baisse, note-t-il. C’est ainsi que s’autoconstruisent des « communautés d’occasion » : autour des événements, des idoles, des paniques et des modes – et non pas autour de l’affinité, de l’engagement et de l’intimité. Avec élégance, simplicité et un brin d’humour, Bauman propose un essai à la fois sympathique et troublant, pour qu’on repense les liens entre les enjeux politiques de notre époque et les rapports de pouvoir notre vie intime. Le livre s’avère une charmante occasion de remise en question. > L’Amour Liquide, Zygmunt Bauman, Rodez, Le Rouerge-Chambon, 2004, 189 p. Zebreposté à 05:55 le 29/01/2006 par Roxanne
J'adore les zebres ... J'ai vraiment plein de chose zebrer chez moi ... Je trouve les rayures belle ... Voilà !! teses de doutorado : cinema e ferro (e ferro no cinema)posté à 02:46 le 29/01/2006 par débora
:: memória da ação da censura sobre o cinema brasileiro
ótimo, esse site que revela como a ditadura censurou cineastas brasileiros. ali, temos acesso gratuito e irrestrito aos processos de censura, incluindo pareceres dos censores, em edição facsimilar: leonor souza pinto, autora da tese de doutorado “memória da ação da censura sobre o cinema brasileiro”, defendida na universidade de toulouse, disponibiliza online 6 mil documentos sobre 175 filmes brasileiros, parte do acervo sobre a censura que, desde os anos 1990, está no arquivo nacional, em brasília.
:: a mineração brasileira de ferro e a reestruturação do setor siderúrgico
e falando em tese de doutorado, encontrei a do meu pai, o geólogo joão césar de freitas pinheiro. publicada em 2000, ela continua bastante atual, explicando-nos, quando fala da mineração brasileira de ferro em tempos cada vez mais globalizados, alguns desafios do brasil diante das regras de "livre mercado", que afetam seriamente a maneira como utilizamos nossos recursos minerais. Votre santé leur tient à coeurposté à 05:49 le 28/01/2006 par débora
Votre santé leur tient à coeur
PAR DÉBORA PINHEIRO
Le temps est idéal pour déménager en ce 1er juillet 1995, et Luc Desbiens* s'active depuis 7 heures du matin. La journée serait presque parfaite s'il ne se sentait pas si épuisé. Chaque boîte qu'il soulève le met au supplice. Dans la nuit, la douleur qui lui écrase la poitrine est si forte qu'il finit par appeler une ambulance. A l'Institut de cardiologie de Montréal (ICM), Luc apprend qu'il vient de subir un infarctus. Mal irriguée, une partie de son coeur est morte ce jour-là.
L'ingénieur de 49 ans n'est qu'à moitié surpris: il sait depuis six mois que ses chances d'être victime d'un accident cardiaque sont élevées. «Il faut absolument cesser de fumer et faire baisser votre taux de cholestérol», l'a averti son médecin. Luc se rend compte que sa santé se détériore, mais tarde à suivre ces recommandations. «Avant ce premier avertissement, j'étais déjà essoufflé au moindre effort», admet-il. Quand il se sent très mal, il se contente d'avaler quelques comprimés de nitroglycérine. Quelques jours après son premier infarctus, Luc Desbiens subit un quadruple pontage. Il obtient ainsi une deuxième chance... et une sérieuse mise en garde: s'il n'adopte pas une nouvelle hygiène de vie, il peut s'attendre au pire.
Comme à tout patient de l'ICM victime d'un accident cardiaque, on lui propose un suivi gratuit de 16 semaines au Centre ÉPIC, la clinique de prévention de l'Institut. Trop compliqué pour Luc, qui habite Le Gardeur. Seule concession: il arrête de fumer et promet de bouger un peu.
Mais, dès qu'il se sent un peu mieux, il renoue avec ses vieux démons: tabac, malbouffe et vie sédentaire. «En plus, avoue-t-il, je faisais de l'embonpoint, je travaillais de 50 à 60 heures par semaine, et j'oubliais souvent de prendre mes médicaments.» Les conséquences ne tardent pas à se faire sentir: son taux de cholestérol remonte en flèche, ses artères sont saturées, et un deuxième infarctus le ramène aux urgences de l'Institut de cardiologie le 10 octobre 2005.
Suicidaire, Luc Desbiens? Pas plus que la majorité d'entre nous, assure Danielle Groleau. Cette anthropologue médicale, qui a suivi pendant plusieurs mois 51 patients ayant fait un infarctus, a découvert que la moitié environ d'entre eux ne changeaient pas leurs comportements - six candidats sont d'ailleurs morts avant le début de sa recherche*.
«Les gens se disent des trucs du genre: Pourquoi arrêterais-je de fumer si ma mère est morte d'un infarctus alors qu'elle ne fumait même pas? observe-t-elle. On se met à raisonner par association d'idées au lieu de penser à la cause et à l'effet du problème.» D'une manière générale, ajoute la chercheuse, les malades comprennent bien les mécanismes de l'infarctus, mais ils ont de la difficulté à faire le lien avec leur propre état de santé. «Ils privilégient l'émotion au détriment de l'information. S'ils font un infarctus, c'est parce qu'ils sont trop stressés ou trop fatigués. Pas parce que leur taux de cholestérol est alarmant ou leur poids au-dessus de la normale.» Autrement dit, nous savons tous que le tabac, la malbouffe, la sédentarité, c'est mauvais... pour les autres!
Et, de toute façon, le puissant appareil hospitalier est là pour réparer les pots cassés en cas de pépin. Mauvais calcul, avertissent les spécialistes! Aussi fabuleux soient-ils, les progrès de la médecine et de la pharmacologie sont impuissants à sauver la première victime d'un accident cardiaque: la qualité de vie. «J'ai déjà perdu certaines capacités physiques, se désolait Luc Desbiens après son second accident. Et j'y pense tous les jours.»
Le dr paul david, fondateur de l'Institut de cardiologie de Montréal, a déjà compris tout cela quand il jette, en 1968, les bases de ce qui deviendra le Centre ÉPIC (pour Etude, Pilote, Institut, Cardiologie). A une époque où les vertus d'une saine alimentation et de l'exercice physique restaient à découvrir, le Dr David a pressenti que seule une meilleure hygiène de vie pouvait faire une différence. Presque 40 ans plus tard, l'ÉPIC est reconnu pour être le plus grand centre de prévention au Canada. Dix médecins, tous rattachés à l'Institut de cardiologie de Montréal, ainsi que deux diététistes, cinq infirmières et 20 kinésiologues (entraîneurs) s'occupent des 4300 membres que compte cette clinique un peu particulière.
Situé tout près de l'Institut de cardiologie, l'ÉPIC tient davantage du centre sportif dernier cri que du service hospitalier: gymnase, piscine, sauna, terrains de badminton et de volleyball, appareils high-tech de musculation et de mise en forme... Seuls éléments discordants: des défibrillateurs disséminés un peu partout et des professionnels de la santé qui sillonnent la salle.
Toute personne qui veut se prendre en main et améliorer sa santé peut devenir membre du Centre, moyennant une modeste cotisation - l'équivalent de ce que vous demanderait un club sportif. Or, même s'ils savent qu'une meilleure hygiène de vie est indispensable à leur salut, 15 pour 100 seulement des patients de l'Institut de cardiologie s'engagent sérieusement dans ce processus de remise en forme. «Il est très difficile de convaincre les patients de suivre un programme de prévention», note le cardiologue Martin Juneau, directeur de l'ÉPIC. Ils vivent trop loin, n'ont pas le temps... «Je leur dis pourtant qu'ils n'ont même pas besoin de venir s'entraîner ici; ils peuvent le faire chez eux, poursuit le médecin. Si on marche une demi-heure chaque jour à un rythme soutenu, mais sans s'essouffler, on dépense 1000 calories par semaine.» Même s'il est tout mince, le Dr Juneau tient à se peser chaque jour. Il sert toutefois une sérieuse mise en garde: la minceur n'est pas une garantie contre l'athérosclérose. «Grassouillets ou maigres, nous devons tous faire attention à la graisse viscérale, celle qui s'accumule non pas sous la peau, mais dans l'abdomen, surtout à compter de 35 ans, et qui favorise la formation de plaques de graisse dans les artères.» Pour le spécialiste, nous avons tous une responsabilité personnelle face à la maladie cardiaque. «Mon frère et moi avons la même constitution, mais, aujourd'hui, il pèse 15 kilos de plus que moi, fait très peu d'exercice et collectionne les problèmes de santé. Si je ne faisais pas attention, je serais comme lui», raconte le cardiologue.
Des 4300 membres du Centre ÉPIC, 3000 sont suivis dans le cadre d'un programme de prévention et n'ont pas encore eu d'accident cardiovasculaire. Ce sont aussi les plus réfractaires à l'idée qu'un changement s'impose, parce qu'ils ne ressentent aucun symptôme. «Le patient se sent même très bien, observe le Dr Juneau. Mais nous, nous savons qu'il risque gros.»
La difficulté réside aussi dans le fait qu'il faut se battre sur tous les fronts, dont celui du tabagisme et de l'alimentation. Denis Côté, de Saint-Georges en Beauce, n'a peut-être jamais subi d'infarctus, mais fume un paquet de cigarettes par jour... et sait qu'une terrible menace plane sur sa tête: son jeune frère est mort d'un infarctus foudroyant à 34 ans, et son père n'a pas survécu à un deuxième infarctus à 75 ans. Même s'il a décidé de se prendre en main, Denis n'arrive pas à arrêter de fumer.
Or le Dr Juneau est catégorique: «Il ne faut pas penser que l'exercice compensera les effets néfastes du tabagisme et de la mauvaise alimentation.» De ce côté au moins, Denis Côté est plein de bonnes intentions. Il bouge pas mal et suit un régime depuis quelque temps. «Le seul fait de changer mes habitudes alimentaires m'a fait perdre 10 kilos en cinq mois», raconte ce directeur des ventes, qui vient de fêter ses 50 ans.
Faire la guerre aux mauvaises habitudes alimentaires, c'est ce que fait la diététiste Elise Latour depuis 15 ans au service de nutrition de l'ÉPIC. Pour aider les patients à se refaire une santé, non seulement elle établit pour eux des régimes, mais les initie aussi aux charmes du brocoli et du tofu dans les cuisines très bien équipées du Centre. «Chaque année, dit-elle, une centaine de personnes participent à des cours de cuisine, et je m'amuse de leur étonnement lorsqu'ils découvrent à quel point certains aliments qu'ils boudaient peuvent être délicieux.»
Dernier point de résistance, le dessert. «J'ai remarqué que la plupart de mes patients, notamment les plus âgés, s'en passaient plus difficilement.» L'autre difficulté, c'est de faire comprendre à ces nouveaux adeptes du manger sain que, même si elle en recommande la consommation, le bon gras reste du gras et que, là comme ailleurs, le trop est l'ennemi du bien: «Certains pensent qu'ils peuvent consommer beaucoup de noix ou beaucoup d'huile d'olive. Mais, même «bon», le gras consommé à l'excès peut être tout aussi nocif à la santé.»
Selon Elise Latour, la meilleure manière de déjouer les mauvaises habitudes alimentaires, c'est de miser sur des changements graduels, et non pas sur la rigidité du programme. Ghislaine Champagne adhère pleinement à cette approche. En 2002, à bout de forces, elle consulte son médecin de famille: celui-ci lui promet des lendemains qui déchantent si elle ne se prend pas en main. Le diagnostic est confirmé par un spécialiste du Centre ÉPIC, qui lui propose de participer à une étude menée par le Dr Marc-André Lavoie. Elle devra fréquenter le gymnase trois fois par semaine et réapprendre à manger.
Adieu frites et brioches; terminées la cuisine au beurre et la viande rouge trois fois par semaine. La conseillère en orientation, qui chantait aussi dans le Choeur de l'Orchestre symphonique de Montréal, ne cache pas que les premières semaines ont été éprouvantes, mais le jeu en valait la chandelle. «Auparavant, quand j'arrivais épuisée du travail, je tentais de compenser mon manque d'énergie en mangeant, raconte-t-elle. Aujourd'hui, lorsque je suis exténuée, je comprends que la meilleure chose à faire est d'aller m'entraîner: c'est ainsi que je me recharge.» Résultat: elle perd 18 kilos.
Elle s'aperçoit que l'entreprise est plus qu'un simple changement de régime; c'est aussi un choix de vie. Un passage à vide l'été dernier l'a fait renouer avec ses mauvaises habitudes alimentaires: elle a repris près de trois kilos en quelques semaines et n'avait plus d'énergie. Elle s'est vite ressaisie et continue de s'entraîner vigoureusement. «Je n'ai jamais été une grande sportive, avoue-t-elle. Avant de m'inscrire au Centre ÉPIC, je faisais de la marche de temps à autre et du ski deux ou trois fois par an. Alors, au début, je souffrais le martyre après une ou deux longueurs dans la piscine semi-olympique du Centre. Aujourd'hui, j'en fais 40.»
Et Luc Desbiens? A sa manière, il tente de s'engager dans la bonne voie... mais c'est difficile: «Les médecins me conseillent de marcher au moins un kilomètre par jour, mais je me contente de bricoler à la maison ou de jardiner un peu.» Au moins, il a pour le moment laissé tomber la cigarette. «Chaque fois que je pense à fumer, je prends un grand verre d'eau. Je suis tout à fait conscient que je mets un pied dans la tombe si je fume!» conclut-il. Bonjour à tous !!!posté à 03:00 le 28/01/2006 par Roxanne
Et bien que dire sur mon monde où plutot par quoi commencer ? Je vais commencer par le début ... moi . Je m'appelle Roxanne et j'ai 20 ans (19 juillet 1985). J'habite à Victoriaville au Québec qui est au Canada. Je me considère comme une personne généreuse et aimable. Je suis impatiente par moment comme tout le monde je crois. A chaque moment que j'ai de libre j'embarque sur mon ordinateur et je chante. Chanter c'est ma passion.
Je ne sais pas trop quoi rajouter je pense à ca et je reviens en écrire plus!!
O Haiti de Laënnec Hurbon : vale a pena ler de novoposté à 06:49 le 20/01/2006 par débora
http://www.continentemulticultural.com.br/
: citada por:
Dalva Santos, em Salvador -- http://dalvas.blogspot.com/2005/07/lannec-hurbon-o-brasil-no-e-o-haiti.html
TeleSURposté à 04:25 le 20/01/2006 par débora
† cet article a été publié dans le magazine Le Trente [http://www.fpjq.org/index.php?id=trenteaccueil], de la Fédération Professionnelle des Journalistes du Québec
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teleSUR « Indépendants, soit. Neutres, jamais », proclament nos confrères de teleSUR, une nouvelle télé voulant défier la pensée unique qu’incarne, à leur avis, l’industrie culturelle étatsunienne. Que peut-on attendre de cette multinationale publique née pour contrer CNN en espagnol et congénères? Débora Pinheiro Le 24 juillet 2005, anniversaire de Simon Bolívar, le signal transmis par le satellite NSS 806 a mis au monde la plus récente chaîne d’information continue sur la planète, teleSUR (« télé-SUD » en espagnol). Le nouveau réseau émet de la Patagonie jusqu’en Alaska et compte sur une équipe de correspondants permanents dans neuf capitales des Amériques, y compris Washington. La nouvelle chaîne, dont la mise en ondes coûtera environ 12,5 millions $US, entend jouer pour les pays latino-américains un rôle de miroir culturel équivalant à celui que joue TV5 pour la francophonie. La télé de Chávez? Principal actionnaire de la chaîne, le gouvernement du président vénézuélien Hugo Chávez peut assurer à teleSUR une santé financière relativement stable. À ce sujet, le Colombien Jorge Botero, directeur de l’information, affirme que le Venezuela destine les bénéfices provenant de la exploitation du pétrole aux intérêts du peuple. En revanche, les directeurs de teleSUR démentissent catégoriquement que la chaîne est une « TeleChávez », comme ironisent l’opposition vénézuélienne et une bonne partie des think tanks étatsuniens. Botero répond que les journalistes de teleSUR ont intérêt à sauvegarder leur crédibilité, comme n’importe quel professionnel sérieux qui travaille dans un média commercial. Depuis Brasília, le journaliste Beto Almeida, du comité de direction, ajoute que Chávez n’a point besoin de teleSUR pour promouvoir son gouvernement : « Pour faire cela, les pays associés disposent de leurs chaînes officielles de télévision, et les sondages de l’opposition vénézuélienne indiquent que Chávez compte sur 70% d’appui populaire au Venezuela. Ceci étant dit, les peuples ont le droit de choisir leurs modèles politiques, leurs voies de développement et leur manière de se situer dans le monde moderne. » TeleSUR appuie d’ailleurs ouvertement la chaîne pan-arabe Al-Jazira en lui assurant un bureau à Caracas. Al-Bolívar Le gouvernement étatsunien, quant à lui, est sur ses gardes. Avant même que teleSUR commence à émettre, le représentant républicain de la Floride, Connie Mack [http://mack.house.gov/index.cfm?FuseAction=AboutConnieMack.Biography], a proposé au Congrès des États-Unis une motion afin de contrer la menace que pouvait faire peser la chaîne sur l’« équilibre de pouvoir dans les Amériques », accusant le Venezuela de diffuser de la propagande anti-américaine. TeleSUR a riposté en rappelant que presque 90% des contenus audiovisuels en Amérique latine sont déjà le fruit de productions nord-américaines. « Ce déséquilibre est-il un hasard ou est-il le résultat d’une avalanche en sens unique des industries culturelles et des entreprises de communications nord-américaines vers la périphérie? », demande Beto Almeida. Il rappelle, par exemple, que si le Latino-Américain moyen peut nommer sans difficultés la capitale de la France, identifier celle du Honduras sera pour lui une toute autre paire de manches. Il se dit par ailleurs préoccupé par le fait que si la plupart des jeunes latino-américains connaissent Madonna, bien peu savent que Violeta Parra, celle qui a composé la célèbre chanson Gracias a la vida et qui a été la première Latino-Américaine à exposer des oeuvres d’art dans le Musée du Louvre. Le journaliste brésilien est d’avis que le processus d’intégration interculturelle entamé par teleSUR est l’objet de la mauvaise volonté des médias nord-américains comme sud-américains contrôlés par des multinationales privées. Mais les obstacles à la nouvelle chaîne sont aussi strictement économiques. Il souligne que la législation canadienne, notamment la québécoise, est un exemple à suivre, puisqu’elle tente de protéger les contenus nationaux, démontrant une position plus progressiste face « au sacro-saint jeu du marché de libre initiative prôné -- mais pas respecté -- par les États-Unis ». Pas de pub!
Depuis Caracas, la journaliste Janlisbert Velasco explique que la principale marque de commerce de teleSUR est sa programmation. L’information y constitue 45% des contenus diffusés, mais selon elle, ce qui différencie teleSUR des autres chaînes d’information continue en Amérique latine est le choix des sujets: « On met l’accent sur les luttes de notre peuple, tous mouvements sociaux confondus: autochtones, paysans, femmes... Nous misons sur un journalisme de qualité en dévoilant des aspects significatifs de la réalité latino-américaine que les médias commerciaux refusent systématiquement de montrer », souligne-t-elle. Esthétiquement, il ne faut pas s’attendre au format des médias commerciaux, à commencer par l’absence de publicité. Oublions aussi les protocoles. Les présentateurs de teleSUR s’habillent comme monsieur et madame tout le monde et le style convivial s’adapte à une programmation hétéroclite, couvrant des sujets comme l’expansion des bases militaires nord-américaines, la guerre de l’eau en Amazonie ou les initiatives des personnages anonymes qui changent la donne dans le continent. Sur le plan culturel, on trouve aussi des émissions branchées sur le ska, le rap, le hip hop et la musique électronique. Chose certaine, les superproductions hollywoodiennes sont rayées de la programmation : la chaîne ne présente que des documentaires négligés par les circuits commerciaux, comme une coproduction germano-argentine sur les travailleurs de Mercedes Benz disparus pendant la dictature militaire argentine. Un parti assumé N’hésitant par à prendre position, les journalistes de teleSUR déclarent à l’unisson que l’objectivité n’est qu’un jeu rhétorique. Pour eux, les grandes chaînes qui occultent certains sujets en feignant la neutralité portent atteinte au droit du public latino-américain à l’information et sacrifient carrément leur intégrité journalistique : « Pourquoi la correspondante de CNN à la Havane n’a-t-elle jamais fait de reportage sur l’École latino-américaine de médecine, qui forme gratuitement des médecins issus des milieux défavorisés de plusieurs pays, y compris des États-Unis? S’agit-il d’une information sans importance journalistique? », demande Beto Almeida. Mais prendre position, c’est aussi prendre des risques, même pour des professionnels très bien cotés dans leur pays. À cet égard, ce qui est arrivé au correspondant de teleSUR en Colombie, William Para, est éloquent. Le journaliste, qui s’oppose ouvertement au gouvernement colombien, participait à une rencontre sur la globalisation et la désinformation le 22 mai dernier à Bogotá. À sa sortie, il a reçu cinq coups de couteau, qui l’ont obligé à retarder son enregistrement pour teleSUR, qui ne diffusait qu’à titre de rodage, à ce moment-là. Malgré cet incident, teleSUR montre que sur le terrain des médias, il y a encore moyen de sortir des sentiers battus, la nouvelle chaîne promet devenir un point de repère pour les journalistes qui assument un regard critique en ce qui concerne l’apparente neutralité des médias.
« Notre Nord c’est le Sud » TeleSUR compte des correspondants dans les pays suivants : Argentine, Brésil, Bolivie, Colombie, Cuba, États-Unis, Mexique, Uruguay et, bien entendu, Venezuela où l’on compte une vingtaine d’employés dans la rédaction.
4 actionnaires Venezuela : 51% Argentine : 20% Cuba : 19 % Uruguay : 10%
Débora Pinheiro :: Pour visionner TeleSUR en ligne : http://www.telesurtv.net/
: citation:
http://www.categorynet.com/v2/index.php/content/view/13715/315/
A Babord en kiosque...posté à 04:06 le 20/01/2006 par débora
Quand traduire c'est trahirposté à 03:47 le 13/01/2006 par débora
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