15/12/2006 - Benoît XVI oppose christianisme et islam
Lors de son voyage en Bavière, le pape a prononcé un discours qui, selon la presse allemande, "entrera dans l'histoire de l'Eglise". Pour ce fin théologien, le christianisme est une synthèse réunissant la foi et la raison, tandis que l'islam n'aurait rien apporté de nouveau – hormis le concept problématique du djihad. C'est à l'université de Ratisbonne et dans le style d'un cours magistral de professeur de théologie – fonction qu'il a occupée pendant des années avant de faire carrière au Vatican – que Benoît XVI a tenté de redéfinir les relations entre le christianisme et l'islam. Afin d'illustrer son approche, le pape a longuement évoqué un débat érudit qui a opposé vers 1391 l'empereur byzantin Manuel II Paléologue à un sage persan. Le passage crucial du discours de Benoît XVI est cité par au moins trois grands quotidiens allemands : "L'empereur pose tout simplement et dans une forme assez brusque à son interlocuteur la question centrale de la relation entre la religion et la violence. Il dit : 'Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau. Tu ne trouveras que des choses mauvaises et inhumaines, comme sa prescription de défendre avec le glaive la foi qu'il prêchait.' Puis l'empereur démontre longuement pourquoi il n'est pas raisonnable de vouloir répandre la foi par la violence." Et, sur ce point, l'empereur byzantin et le pape de l'année 2006 sont d'accord : "Agir contre la raison est agir contre l'essence de Dieu." Or, pour les musulmans, continue le pape, "Dieu est absolument transcendant. Sa volonté n'est liée à aucune de nos catégories, même pas à la raison." Et de conclure : "Ici, les voies se séparent, dans la compréhension de Dieu et donc dans la traduction concrète de la religion, et cette scission représente aujourd'hui un défi pour nous." Le théologien Joseph Ratzinger demande "qui est le Dieu du prophète Mahomet. Ni plus ni moins", souligne la Frankfurter Allgemeine Zeitung.
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