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HOMOPHOBIE / LESBOPHOBIE / BIPHOBIE / TRANSPHOBIE

Posté à 04:30 le 20061130

HOMOPHOBIE 

Comme le rappellent de scandaleux faits divers, l'homophobie reste d'actualité en France. Le rapport 2004 de SOS homophobie témoigne même d'un doublement des agressions physiques. Alors que cette association édite un guide d'aide aux victimes, le gouvernement examine un projet de loi contre ces discriminations.

Le 16 janvier 2004, Sébastien Nouchet était aspergé d'un liquide inflammable, puis brûlé par ses agresseurs. Ce crime odieux, comme l'a qualifié le Président de la République, remettait en lumière la présence toujours vivace de l'homophobie.

L'homophobie, une réalité française

L'homophobie est une réalité en France comme en témoigne SOS homophobie. Forte de 150 membres et d'une ligne d'écoute 0810 108 135, cette association a rendu public son rapport annuel qui s'appuie sur les 653 témoignages reçus au cours de l'année 2003. Les résultats témoignent d'un doublement des agressions physiques : 86 cas contre 41 en 2002. Les victimes sont en majorité des hommes (88 %), agressés dans des lieux publics (45 %) et principalement dans les lieux de dragues, entretenant la triste tradition du "cassage de pédés".
Ce rapport de 130 pages passe ensuite en revue les différentes formes d'homophobie rencontrées par les appelants : dans la vie quotidienne (administration, voisinage 41 %), au sein de la famille (8 %), de l'entreprise (20 %), etc. "On tolère les homosexuels, tant qu'ils ne s'affichent pas comme tels au travail, dans la rue, dans les commerces, auprès de son voisinage…. On accepte l'homosexuel tant qu'il est discret. Dès lors qu'il est visible, à partir du moment où son homosexualité est connue et assumée, il devient gênant et incongru (…) Autant dire que les mentalités doivent encore évoluer et que du chemin reste à parcourir" regrette Ronan Rosec dans un communiqué sur les 10 ans de l'association.

Un guide pratique contre l'homophobie

L'association a édité un "Guide pratique contre l'homophobie", permettant à chacun de connaître ses droits et de se défendre de façon plus efficace. Ce guide gratuit a été diffusé à Paris et en province dans les établissements gays et lesbiens, et est également disponible sur le site de l'association.

Ce service est un complément à la ligne d'écoute qui pourra mieux aiguiller les victimes en fonction de leur cas précis. "Par exemple, même si dans une situation donnée une personne peut porter plainte, il n'est pas forcément judicieux qu'elle le fasse tout de suite, selon sa situation familiale, professionnelle ou son état psychologique. Pour que cette personne puisse réagir au mieux en fonction de sa situation réelle, seule une conversation téléphonique avec une écoutante ou un écoutant de SOS homophobie peut lui permettre de faire le tri entre ce qu'elle a le droit de faire, ce qu'elle peut et veut faire et ce qu'elle fera réellement" précise ainsi le communiqué de l'association.
Pour accompagner chaque victime dans ses démarches juridiques, ce guide sera remis à jour tous les ans dans sa version papier. Mais face aux évolutions de la loi, de la jurisprudence, l'association assure que les mises à jour seront intégrées au fur et à mesure à la
version en ligne du guide. Et au niveau légal, les choses ont récemment changé…

 

 

Retour sur les avancées législatives contre l'homophobie

Ces dernières années, on a pu noter plusieurs avancées législatives :

  • Dès 1999, les associations homosexuelles ont la possibilité de se constituer partie civile auprès des victimes de violences homophobes (dans le cadre de la loi sur la présomption d’innocence).
  • En 2000, une proposition de loi contre les discriminations est adoptée. Elle prévoit notamment l’alignement de la lutte contre l’homophobie sur celle contre le racisme dans le code du travail, le code du logement et, en matière d’emploi et de formation, dans le code pénal.
  • En juillet 2003, L’Interassociative lesbienne, gaie, bi et trans rencontre le Premier ministre et obtient l’annonce de la mise en oeuvre d’un projet de loi sur les propos discriminatoires
  • (injures, diffamations, provocations). Ce projet de loi est adopté en Conseil des ministres 3 jours avant la Marche des fiertés lesbiennes, gaie, bi et trans. Il est finalement intégré dans un autre projet de loi, celui créant la Haute autorité contre les discriminations et pour l’égalité, après une opposition forte issue des rangs mêmes de la majorité. Le texte est promulgué le 30 décembre 2004.

Doit-on penser que la bataille est définitivement gagnée ? Ce serait aller un peu vite en besogne selon Louis-Georges Tin, auteur du Dictionnaire de l’homophobie, et initiateur de la journée mondiale de lutte contre l’homophobie "On pourrait avoir l’idée fallacieuse qu’aujourd’hui, avec l’évolution des esprits tout va pour le mieux. Sans nier plusieurs avancées (le Pacs en France, la reconnaissance du mariage et de l’adoption d’enfants par des couples homosexuels en Espagne…), on constate cependant plus de reculs que d’améliorations". Autant dire que les associations restent vigilantes et qu’au-delà des progrès législatifs, la bataille pour changer les mentalités reste toujours d’actualité.

 

David Bême

 

SOURCE : http://www.doctissimo.fr/html/***ualite/mag_2004/mag0625/se_7867_lutter_homophobie_02.htm

 

Définition  de l'homophobie :

 

Toute manifestation, avouée ou non, de discrimination, d'exclusion ou de violence à l'encontre d'individus, de groupes ou de pratiques homosexuels ou perçus comme tels au motif de l'homosexualité.

 

Qu'est-ce qu'un acte homophobe ?

C'est refuser, dans les actes quotidiens, un droit, un bien, un service à une personne, homme ou femme, en raison de son homosexualité avérée ou supposée.

 

Un acte homophobe c'est aussi...

L'agression physique, écrite ou verbale, la diffamation, à l'égard de personnes, hommes ou femmes, au seul motif d'une homosexualité vraie ou supposée. C'est également l'incitation à la haine, à la violence ou à la discrimination.

LESBOPHOBIE

 

Aversion particulière à l’égard des lesbiennes, la lesbophobie est souvent absente de la lutte contre les discriminations sexuelles. Faut-il pour autant croire qu’il s’agit d’un phénomène marginal ? Doit-on le limiter à un cas particulier de l’homophobie ? Quelques éléments de réponses avec Doctissimo.

Injures, moqueries, harcèlements, mises à l’écart… La lesbophobie peut revêtir différentes formes. Découvrez la réalité de cette discrimination trop souvent passée sous silence.

La lesbophobie, une réalité française

Chaque année, l’association SOS Homophobie rend son rapport sur cette triste réalité française. Forte de 150 membres et d’une ligne d’écoute 0810 108 135, son rapport 2005 (le dernier en date) témoigne de la persistance de ces discriminations, principalement dans le monde du travail, dans le voisinage et les lieux publics et dans la famille. Mais comme chaque année, la majorité des appelants restent des hommes. Seul un appel sur cinq provient d’une femme.

La discrimination à l’égard des lesbiennes est-elle pour autant un phénomène marginal ? Pour en savoir plus, SOS Homophobie a lancé une grande enquête sur la lesbophobie de novembre 2003 à janvier 2004, au cours de laquelle 1 800 femmes se sont exprimées. Et les résultats sont alarmants : 57 % des lesbiennes ayant répondu ont indiqué avoir été victimes de lesbophobie. Les Parisiennes, les lesbiennes en couples et les femmes de moins de 25 ans sont parmi les plus exposées. Ces agressions se déroulent pour près de la moitié (45 %) à l’extérieur (rue, lieu public, transport), dans la famille (44 %), au travail (26 %), du fait des amis (25 %), par les voisins (18 %), les commerçants (12 %), dans le milieu médical (10 %)… Les agressions sont sous forme d’insultes, de menaces, de mises à l’écart, de harcèlements ou même de violences. Mais au-delà des chiffres, la lesbophobie est une discrimination homophobe particulière à plus d’un titre.

Une "homophobie sexiste"

Parce que leur sexualité est plus discrète dans son éloignement avec le modèle hétérosexuel, les lesbiennes sont souvent absentes des discours contre l’homophobie. Pourtant, pour la coordination lesbienne, cette discrimination n’est pas seulement un cas particulier de la haine contre les homos. Qu’il s’agisse des définitions mises en avant par cette association ou par Marie-Jo Bonnet, docteur en histoire et écrivaine, la lesbophobie apparaît comme une double discrimination : à l’égard des lesbiennes (y compris par les femmes) mais également à l’égard de leur sexe (un sexisme que l’on peut même retrouver chez des homosexuels).

En guise de préambule d’un rapport très complet sur le sujet : la coordination lesbienne définit ainsi la lesbophobie "par l’effacement des relations amoureuses entre les femmes. Cette forme de sexisme qui nie la sexualité féminine conduit à l’invisibilité des lesbiennes Quand elle est perçue, la sexualité entre femmes est souvent considérée comme secondaire, accessoire, car privée de la référence majeure au phallus. Elle est utilisée de manière réductrice et caricaturale dans la pornographie comme objet de fantasme et de voyeurisme. La lesbophobie se traduit enfin par la peur et la haine envers les lesbiennes parce qu’elles transgressent les rôles féminin/masculin, et sont indépendantes des hommes sexuellement, et en partie économiquement. Elle se révèle être ainsi une discrimination selon le genre".

Comment réagir ?

En plus de leur ligne d’écoute (0810 108 135), l’association SOS Homophobie a édité un "Guide pratique contre l’homophobie" dont la version actualisée est en ligne sur leur site. Par ailleurs, plusieurs avancées légales récentes ont permis de mieux lutter contre la lesbophobie et l’homophobie.

  • Depuis 1999, les associations homosexuelles ont la possibilité de se constituer partie civile auprès des victimes de violences homophobes (dans le cadre de la loi sur la présomption d’innocence).
  • L’année suivante, une proposition de loi contre les discriminations prévoit l’alignement de la lutte contre l’homophobie sur celle contre le racisme dans le code du travail, le code du logement et, en matière d’emploi et de formation, dans le code pénal.
  • En juillet 2003, le projet de loi sur les propos discriminatoires (injures, diffamations, provocations) est promulgué le 30 décembre 2004.

Mais malgré ces avancées, les associations restent vigilantes. La bataille pour changer les mentalités est loin d’être gagnées, d’autant plus que le phénomène semble encore plus tabou lorsqu’il s’agit de discriminations à l’égard des femmes.

Luc Blanchot

 

 

Rapport lesbophobie : http://www.coordinationlesbienne.org/IMG/pdf/Lesbophobie.pdf

 

Idées reçues sur les bi

(source : association Bicause)

 

 

Dix questions pas toujours sans réponse, par Catherine Deschamps, co-auteur du livre "La Bisexualité : le dernier tabou" (Ed. Calmann-Levy)
 

 

 

 

Que dit-on des bisexuels ? Et que disent-ils d'eux-mêmes ? Hétéro ou homo ? 20%, 40%, allez, 60% bi ? A questions idiotes, réponses 100% garanties sincères et véritables. Même si elles ne sont pas toujours politiquement correctes.

Pleins feux sur les clichés de la bisexualité.

 

1) Les bi ça n'existe pas !

C'est une affirmation que l'on pourrait discuter à l'infini. En revanche, les bisexuels existent bel et bien, puisque nous sommes là, de chair et d'os ! Et puis, si nous n'existons pas, pourquoi sommes-nous sujets, au rnieux, de tant d'interrogations, au pire de tous ces clichés ?

 

2) La bi n'est qu'une phase de transition !

Ca dépend. C'est vrai pour certains bisexuels qui finissent par s'installer durablement dans une relation hétéro ou homosexuelle. Pour d'autres, en revanche, la transition doit s'étaler sur l'espace de toute une vie car ils sont toujours bi à 70 ans. Peut-être que la vie toute entière n'est-elle qu'une transition, un passage...

 

3) La bi n'est qu'une mode !

Rejeter l'incidence de la mode serait naïf. Mais peut-être devrait-on inverser les termes de l'affirmation et constater que c'est la mode qui s'est emparée de la bisexualité. Car enfin, qui oserait nier que les pratiques bisexuelles, si elles n'ont pas toujours été sous le feu des projecteurs, existent de tout temps et en des lieux les plus variés.

 

4) Les bi sont incapables de se définir !

Si l'on demande séparément à dix personnes qui s'autodésignent comme bisexuelles de définir la bisexualité, il est fort probable que leurs définitions ne seront pas exactement superposables. Mais faites le test auprès de dix pédés, dix lesbiennes ou dix hétéros, le résultat ne sera sans doute pas beaucoup plus probant. A cela rien d'étonnant puisqu'une définition individuelle se nourrit aussi de vécus personnels, et que, par chance, ceux-ci ne sont pas tous identiques.
Ainsi, la question est de savoir pourquoi on devrait davantage imposer aux bis la nécessité d'une homogénéïté.
 

5) Les bi sont des traîtres à la cause homo !

Le fait d'être bi n'empêche en rien de militer au côté des gays pour plus de droits et pour une meilleure acceptabilité sociale ; nous y avons tout intérêt. Etre bi, c'est, entre autres, être homosexuel. Les bis rencontrent les mêmes problèmes de discrimination, de violence verbale et physique, de moquerie.
Quelques bis sont homophobes, peut-être, mais n'avez-vous jamais rencontré de pédés homophobes ? Et quand, dans certains milieux, s'affirmer bi s'avère plus difficile que se dire pédé ou goudou, n'y a t-il pas des questions à se poser ? Espérons qu'il y a de la place pour tous, dans le respect de chacun.

6) Les bi sont incapables de choisir !

 

Depuis quand le choix implique t-il l'unicité? Avoir deux objets de désir (hommes et femmes) résulte d'un choix au même titre que n'en avoir qu'un.
Indépendamment de l'orientation sexuelle, quelle place est réservée au choix dans toute forme de sexualité ?

 

7) Les bi sont forcément infidèles !

Les bis, tout comme les hétéros ou les homos, sont parfois infidèles. Mais ni plus ni moins. Un bisexuel ou une bisexuelle peut-être en même temps avec un (des) homme(s) et une (des) femme(s), ou tour à tour avec une femme puis un homme, en restant exclusif sur chacune de ces périodes.
Mais, d'une certaine façon, peu importe : les bisexuels ne sont pas plus obligés que d'autres de tomber dans les pièges de la justification. Ils n'ont ni plus ni moins que les autres le droit d'être multipartenaires si bon leur semble !
 

8) Les bi sont tous des obsédés  !

On aimerait bien dire oui. Mais l'activité sexuelle des bis n'est pas plus débridée que celle de leur voisin de palier.
Les bis développent la même énergie que ceux qui ne le sont pas : multi-partenariat, vie de couple monogame, célibat par choix ou non.
 

9) Les bi sont sans points de repère !

C'est un peu vrai. En France, il n'y a pas de visibilité bisexuelle, ni même l'embryon d'une culture bi structurée.
Bi'Cause est, à notre connaissance, la seule association de bi de ce pays. C'est pourquoi il faut nous rejoindre et nous soutenir. Enfin, si vous êtes concernés...
 

10) Les bi sont ceux qui transmettent le SIDA !

Cette affirmation n'a aucune valeur. Ce sont les "comportements" qui sont à risque et non les "groupes".
 
___________________________________________________________________________________________
 

QU'EST CE QUE LA TRANSEXUALITE

Il faut en finir avec les idées reçues. Le "transsexualisme" n'est ni un fantasme, ni une sexualité, ni une perversion, ni une maladie mentale. C'est une question de sexe psychologique.

  • Sexe psychologique : sentiment d'être fille/femme ou garçon/homme. Il se structure de façon irréversible très tôt dans l'enfance. Aucune psychothérapie, psychanalyse, aucun traitement ne peut le changer.

  • Identité sexuée ou identité de genre : féminité ou/et masculinité, présente de façon plus ou moins variable chez une personne, qui fluctue au cours de la vie. On peut être une femme masculine ou un homme féminin, sans pour autant douter d'être une femme ou un homme.

  • Identité sexuelle : prise de conscience de son sexe anatomique (mâle ou femelle), c'est-à-dire le constat et la reconnaissance de ses organes génitaux externes.

  • Attirance affective et sexuelle ou orientation sexuelle : hétérosexualité, homosexualité et bisexualité. Les unes et les autres sont "normales".

Les composantes de l'identité sexuée ou de genre, de l'identité sexuelle et de l'attirance affective et sexuelle se structurent postérieurement et à partir du ***e psychologique.

Le Dr Harry BENJAMIN est le premier médecin à décrire avec justesse la réalité du syndrome "transexuel". - Je voudrais rappeler à chacun un fait fondamental : je veux parler de la différence entre le sexe et le genre. Le sexe, c'est ce que l'on voit, le genre c'est ce que l'on ressent. L'harmonie des deux est essentielle au bonheur humain. -
(A l'époque le sexe psychologique et l'identité de genre étaient confondues.)

  • Syndrome : ensemble de signes et/ou de symptômes qui caractérisent une maladie, une affection ou un handicap dont l'origine est inconnue.

  • Syndrome de Benjamin ou "transexualisme" : le sexe psychologique se développe en opposition ausex e anatomique.

En attendant de savoir si la "transsexualité" est une maladie ou un handicap, c'est un syndrome qui nécessite des soins médicaux de longue durée, (traitement hormonal, chirurgie, accompagnement psychologique).

Il nous semble préférable de parler et d'écrire syndrome de Benjamin féminin ou "transsexuelle" quand il s'agit d'un homme au sexe psychologique féminin (conversion homme vers femme) et de syndrome de Benjamin masculin ou "transsexuel" quand il s'agit d'une femme au ***e psychologique masculin (conversion femme vers homme).

Pour leur très grande majorité, les individus ne se posent pas la question de savoir s'ils sont hommes ou femmes. Leur sexe psychologique est en accord avec leur ***e anatomique, celui-ci leur servant de repère. Il n'en est pas de même pour les "trans***uels/les" qui sentent un décalage entre leur ***e psychologique et leur ***e physique. Les personnes concernées sont conscientes de leur ***e anatomique mais il ne correspond pas à leur ***e psychologique.

Comme pour toute autre personne, l'attirance affective et ***uelle des personnes atteintes du syndrome de Benjamin peut être hétéro, lesbienne, gai ou bi. Leur ***ualité n'est pas différente de celle du reste de la population.

La ***ualité et les pratiques ***uelles sont tout aussi variées (jeux ***uels, sadomasochisme, domination, fétichisme...). Le préservatif s'utilise de la même façon et pour les mêmes raisons. Ces personnes n'exposent pas leur ***ualité car ce n'est pas là leur problème.

A cause de leur aspect physique "normal", les personnes dites "trans***uelles" sont niées dans leur existence même et dans ce qu'elles ressentent. A tel point qu'elles arrivent à croire qu'elles déraisonnent. Ainsi, toute leur enfance et une partie de leur vie d'adulte sont gâchées. Puis il leur faut plusieurs années, après avoir essayé de s'adapter, pour qu'elles acceptent leur nature.

Pour retrouver leur unicité, (correspondance entre le ***e psychologique et le ***e anatomique), les personnes concernées par le syndrome de Benjamin n'ont pas d'autres solutions que les traitements médicaux et chirurgicaux. La "trans***uelle" devient physiquement une femme et le "trans***uel" devient physiquement un homme. Seul le physique change, pas le ***e psychologique.

Cette transformation n'est pas parfaite, les traitements médicochirurgicaux ne font qu'adapter le corps du patient pour lui permettre de vivre "normalement" dans l'autre ***e. Il est évident que ces traitements ne changent pas la formule chromosomique du sujet. Ils rendent le patient définitivement stérile et nécessitent une prise d'hormones à vie ou jusqu'à 60 ans. Les personnes dites "trans***uelles" considèrent ces traitements, s'ils sont bien faits, comme une réparation, non comme une mutilation. Ces traitements améliorent la vie des personnes concernées.

Le syndrome de Benjamin ou "trans***ualisme" est donc un état transitoire, le temps de la transition d'un ***e à l'autre depuis la prise de conscience jusqu'au changement d'état civil. Cette phase transitoire dure plusieurs années.

Durant cette phase de transition, les personnes atteintes du syndrome de Benjamin se trouvent dans une situation presque équivalente aux personnes "sans papier". C'est l'exclusion qui peut amener à perdre travail, logement, etc. Il n'y a pas de structure adaptée pour loger celles qui sont SDF et qui sont parfois internées en hôpital psychiatrique. Des personnes sont amenées à se prostituer pour survivre et cette activité peut en conduire certaines à la drogue, à l'alcool, aux MST et SIDA... Toutes ces difficultés acculent de nombreuses personnes au désespoir, à la dépression chronique, voire à l'automutilation ou au suicide.

La réalisation de soi ne devient un succès complet qu'avec le changement d'état-civil (le changement du ***e et des prénoms sur l'acte de naissance).

Du fait de l'absence d'une loi et de leur conservatisme, les tribunaux français continuent encore de refuser ce changement à des personnes pourtant opérées, créant ainsi une nouvelle catégorie de "sans papiers" et d'exclus, cela, malgré la condamnation de la France par la Cour Européenne des Droits de l'Homme en avril 1992.

Le syndrome de Benjamin est rare, en France, il concerne environ 5.000 personnes selon des statistiques extrapolées des Pays-Bas.

Seule une minorité de ces personnes a officiellement accès aux soins médicaux en France et remboursés par la Sécurité Sociale. De plus, la qualité de ces soins est déplorable, surtout en ce qui concerne la chirurgie.

Quant à l'accompagnement social et au soutien psychologique, ils sont inexistants.

Les opérations de changement de ***e ne devraient pas être la condition du changement de ***e à l'état-civil. Une stérilité irréversible est obtenue après au moins un an de traitement hormonal pour les deux ***es. Suivre un traitement hormonal depuis au moins un an (voire deux si on veut se donner de la marge) devrait être la seule condition exigée.

Nous voulons obtenir rapidement :

  • Le respect des droits civiques et de la Convention Européenne des Droits de l'Homme.

  • Une carte nationale d'identité provisoire et renouvelable ne mentionnant que les prénoms d'usage.

  • Une carte de Sécurité Sociale avec un numéro en conformité avec l'aspect physique de la personne et ne mentionnant que les éléments de la carte nationale d'identité provisoire.

Dans la vie de tous les jours, il y a tant de démarches où nous devons justifier de notre identité en montrant nos papiers : pour le règlement d'achats par chèque, à la banque pour ouvrir un compte, pour retirer de l'argent au guichet, pour le droit à un prêt, à la poste pour le retrait d'un recommandé ou d'un colis, pour l'obtention d'un travail, d'une formation professionnelle, pour le passage d'un diplôme, pour le droit aux différentes prestations sociales, à l'hôpital, chez les médecins, pour la location ou l'acquisition d'un logement, à l'EDF, pour le téléphone, pour les assurances, pour le permis de conduire, pour la carte grise, pour l'achat d'une voiture, à un contrôle de police, au passage des frontières, il y a même des pays où nous sommes interdits de séjour, pour le vote, etc. La liste est encore longue.

A chacune de ces démarches, les personnes dites "trans***uelles" subissent l'humiliation de devoir justifier de leur identité et donc de leur "trans***ualité".

En l'absence de loi, les personnes atteintes du syndrome de Benjamin ne peuvent bénéficier de droits identiques aux autres citoyens et elles subissent quotidiennement une atteinte à leur vie privée. De même, elles ne peuvent jouir des libertés fondamentales. Tout cela est en totale opposition avec les Droits de l'Humain et du Citoyen.

Il est donc urgent que nous soyons respectés et aidés !

RECHERCHE ET SOCIÉTÉ

Des problèmes chromosomiques, génétiques, hormonaux peuvent affecter plus ou moins gravement le ***e durant la grossesse.
Dès la fécondation, l'embryon exécute un programme génétique de différentiation ***uelle. Durant les premières semaines, les ébauches des deux ***es sont présentes. Puis sous l'action de divers éléments, un ***e va se développer et l'autre régresser puis disparaître. Le cerveau est la phase ultime de la différenciation ***uelle.

Des chercheurs hollandais défendent la thèse selon laquelle il y aurait un problème au niveau de la différenciation ***uelle du cerveau chez les trans***uels. Leur hypothèse était vérifiée pour les 6 cas de syndrome de Benjamin féminin observés. Cette recherche en est à ses débuts car elle ne peut être faite que sur des cadavres, et les personnes concernées par le syndrome de Benjamin sont rares, d'où le manque de données. C'est l'histoire de l'oeuf ou de la poule : Est-ce la structure qui influence le ***e psychologique ou est-ce l'inverse ?

En France, seule la voie psychiatrique a été explorée, lobotomies, électrochocs, cures de sakel, antidépresseurs, neuroleptiques, mais sans succès. Faute de mieux, certains psychiatres se sont rangés à l'idée des traitements médicochirurgicaux.

Certains courants psychanalytiques, beaucoup plus rigides, croient pouvoir "guérir" le syndrome de Benjamin par la psychothérapie. Après l'homo***ualité, c'est au tour de la "trans***ualité"...

Des individus se croient investis d'une mission : "sauver" la société en protégeant la procréation, les bonnes moeurs et la morale. Ce sont souvent les mêmes qui veulent des femmes féminines, des hommes masculins, le mariage et l'hétéro***ualité, qui sont contre la contraception, l'avortement, l'union libre, le PACS, le préservatif... Bientôt, ils exigeront le retour des femmes au foyer...

Le ***isme, l'homophobie et la "transphobie" sont des formes de racisme !

source du document : Le collectif de l'Association du Syndrome de Benjamin

(http://www.asbfrance.org/pages/trans***ualite.htm)

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