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Votre santé leur tient à coeur
PAR DÉBORA PINHEIRO
Le temps est idéal pour déménager en ce 1er juillet 1995, et Luc Desbiens* s'active depuis 7 heures du matin. La journée serait presque parfaite s'il ne se sentait pas si épuisé. Chaque boîte qu'il soulève le met au supplice. Dans la nuit, la douleur qui lui écrase la poitrine est si forte qu'il finit par appeler une ambulance. A l'Institut de cardiologie de Montréal (ICM), Luc apprend qu'il vient de subir un infarctus. Mal irriguée, une partie de son coeur est morte ce jour-là.
L'ingénieur de 49 ans n'est qu'à moitié surpris: il sait depuis six mois que ses chances d'être victime d'un accident cardiaque sont élevées. «Il faut absolument cesser de fumer et faire baisser votre taux de cholestérol», l'a averti son médecin. Luc se rend compte que sa santé se détériore, mais tarde à suivre ces recommandations. «Avant ce premier avertissement, j'étais déjà essoufflé au moindre effort», admet-il. Quand il se sent très mal, il se contente d'avaler quelques comprimés de nitroglycérine. Quelques jours après son premier infarctus, Luc Desbiens subit un quadruple pontage. Il obtient ainsi une deuxième chance... et une sérieuse mise en garde: s'il n'adopte pas une nouvelle hygiène de vie, il peut s'attendre au pire.
Comme à tout patient de l'ICM victime d'un accident cardiaque, on lui propose un suivi gratuit de 16 semaines au Centre ÉPIC, la clinique de prévention de l'Institut. Trop compliqué pour Luc, qui habite Le Gardeur. Seule concession: il arrête de fumer et promet de bouger un peu.
Mais, dès qu'il se sent un peu mieux, il renoue avec ses vieux démons: tabac, malbouffe et vie sédentaire. «En plus, avoue-t-il, je faisais de l'embonpoint, je travaillais de 50 à 60 heures par semaine, et j'oubliais souvent de prendre mes médicaments.» Les conséquences ne tardent pas à se faire sentir: son taux de cholestérol remonte en flèche, ses artères sont saturées, et un deuxième infarctus le ramène aux urgences de l'Institut de cardiologie le 10 octobre 2005.
Suicidaire, Luc Desbiens? Pas plus que la majorité d'entre nous, assure Danielle Groleau. Cette anthropologue médicale, qui a suivi pendant plusieurs mois 51 patients ayant fait un infarctus, a découvert que la moitié environ d'entre eux ne changeaient pas leurs comportements - six candidats sont d'ailleurs morts avant le début de sa recherche*.
«Les gens se disent des trucs du genre: Pourquoi arrêterais-je de fumer si ma mère est morte d'un infarctus alors qu'elle ne fumait même pas? observe-t-elle. On se met à raisonner par association d'idées au lieu de penser à la cause et à l'effet du problème.» D'une manière générale, ajoute la chercheuse, les malades comprennent bien les mécanismes de l'infarctus, mais ils ont de la difficulté à faire le lien avec leur propre état de santé. «Ils privilégient l'émotion au détriment de l'information. S'ils font un infarctus, c'est parce qu'ils sont trop stressés ou trop fatigués. Pas parce que leur taux de cholestérol est alarmant ou leur poids au-dessus de la normale.» Autrement dit, nous savons tous que le tabac, la malbouffe, la sédentarité, c'est mauvais... pour les autres!
Et, de toute façon, le puissant appareil hospitalier est là pour réparer les pots cassés en cas de pépin. Mauvais calcul, avertissent les spécialistes! Aussi fabuleux soient-ils, les progrès de la médecine et de la pharmacologie sont impuissants à sauver la première victime d'un accident cardiaque: la qualité de vie. «J'ai déjà perdu certaines capacités physiques, se désolait Luc Desbiens après son second accident. Et j'y pense tous les jours.»
Le dr paul david, fondateur de l'Institut de cardiologie de Montréal, a déjà compris tout cela quand il jette, en 1968, les bases de ce qui deviendra le Centre ÉPIC (pour Etude, Pilote, Institut, Cardiologie). A une époque où les vertus d'une saine alimentation et de l'exercice physique restaient à découvrir, le Dr David a pressenti que seule une meilleure hygiène de vie pouvait faire une différence. Presque 40 ans plus tard, l'ÉPIC est reconnu pour être le plus grand centre de prévention au Canada. Dix médecins, tous rattachés à l'Institut de cardiologie de Montréal, ainsi que deux diététistes, cinq infirmières et 20 kinésiologues (entraîneurs) s'occupent des 4300 membres que compte cette clinique un peu particulière.
Situé tout près de l'Institut de cardiologie, l'ÉPIC tient davantage du centre sportif dernier cri que du service hospitalier: gymnase, piscine, sauna, terrains de badminton et de volleyball, appareils high-tech de musculation et de mise en forme... Seuls éléments discordants: des défibrillateurs disséminés un peu partout et des professionnels de la santé qui sillonnent la salle.
Toute personne qui veut se prendre en main et améliorer sa santé peut devenir membre du Centre, moyennant une modeste cotisation - l'équivalent de ce que vous demanderait un club sportif. Or, même s'ils savent qu'une meilleure hygiène de vie est indispensable à leur salut, 15 pour 100 seulement des patients de l'Institut de cardiologie s'engagent sérieusement dans ce processus de remise en forme. «Il est très difficile de convaincre les patients de suivre un programme de prévention», note le cardiologue Martin Juneau, directeur de l'ÉPIC. Ils vivent trop loin, n'ont pas le temps... «Je leur dis pourtant qu'ils n'ont même pas besoin de venir s'entraîner ici; ils peuvent le faire chez eux, poursuit le médecin. Si on marche une demi-heure chaque jour à un rythme soutenu, mais sans s'essouffler, on dépense 1000 calories par semaine.» Même s'il est tout mince, le Dr Juneau tient à se peser chaque jour. Il sert toutefois une sérieuse mise en garde: la minceur n'est pas une garantie contre l'athérosclérose. «Grassouillets ou maigres, nous devons tous faire attention à la graisse viscérale, celle qui s'accumule non pas sous la peau, mais dans l'abdomen, surtout à compter de 35 ans, et qui favorise la formation de plaques de graisse dans les artères.» Pour le spécialiste, nous avons tous une responsabilité personnelle face à la maladie cardiaque. «Mon frère et moi avons la même constitution, mais, aujourd'hui, il pèse 15 kilos de plus que moi, fait très peu d'exercice et collectionne les problèmes de santé. Si je ne faisais pas attention, je serais comme lui», raconte le cardiologue.
Des 4300 membres du Centre ÉPIC, 3000 sont suivis dans le cadre d'un programme de prévention et n'ont pas encore eu d'accident cardiovasculaire. Ce sont aussi les plus réfractaires à l'idée qu'un changement s'impose, parce qu'ils ne ressentent aucun symptôme. «Le patient se sent même très bien, observe le Dr Juneau. Mais nous, nous savons qu'il risque gros.»
La difficulté réside aussi dans le fait qu'il faut se battre sur tous les fronts, dont celui du tabagisme et de l'alimentation. Denis Côté, de Saint-Georges en Beauce, n'a peut-être jamais subi d'infarctus, mais fume un paquet de cigarettes par jour... et sait qu'une terrible menace plane sur sa tête: son jeune frère est mort d'un infarctus foudroyant à 34 ans, et son père n'a pas survécu à un deuxième infarctus à 75 ans. Même s'il a décidé de se prendre en main, Denis n'arrive pas à arrêter de fumer.
Or le Dr Juneau est catégorique: «Il ne faut pas penser que l'exercice compensera les effets néfastes du tabagisme et de la mauvaise alimentation.» De ce côté au moins, Denis Côté est plein de bonnes intentions. Il bouge pas mal et suit un régime depuis quelque temps. «Le seul fait de changer mes habitudes alimentaires m'a fait perdre 10 kilos en cinq mois», raconte ce directeur des ventes, qui vient de fêter ses 50 ans.
Faire la guerre aux mauvaises habitudes alimentaires, c'est ce que fait la diététiste Elise Latour depuis 15 ans au service de nutrition de l'ÉPIC. Pour aider les patients à se refaire une santé, non seulement elle établit pour eux des régimes, mais les initie aussi aux charmes du brocoli et du tofu dans les cuisines très bien équipées du Centre. «Chaque année, dit-elle, une centaine de personnes participent à des cours de cuisine, et je m'amuse de leur étonnement lorsqu'ils découvrent à quel point certains aliments qu'ils boudaient peuvent être délicieux.»
Dernier point de résistance, le dessert. «J'ai remarqué que la plupart de mes patients, notamment les plus âgés, s'en passaient plus difficilement.» L'autre difficulté, c'est de faire comprendre à ces nouveaux adeptes du manger sain que, même si elle en recommande la consommation, le bon gras reste du gras et que, là comme ailleurs, le trop est l'ennemi du bien: «Certains pensent qu'ils peuvent consommer beaucoup de noix ou beaucoup d'huile d'olive. Mais, même «bon», le gras consommé à l'excès peut être tout aussi nocif à la santé.»
Selon Elise Latour, la meilleure manière de déjouer les mauvaises habitudes alimentaires, c'est de miser sur des changements graduels, et non pas sur la rigidité du programme. Ghislaine Champagne adhère pleinement à cette approche. En 2002, à bout de forces, elle consulte son médecin de famille: celui-ci lui promet des lendemains qui déchantent si elle ne se prend pas en main. Le diagnostic est confirmé par un spécialiste du Centre ÉPIC, qui lui propose de participer à une étude menée par le Dr Marc-André Lavoie. Elle devra fréquenter le gymnase trois fois par semaine et réapprendre à manger.
Adieu frites et brioches; terminées la cuisine au beurre et la viande rouge trois fois par semaine. La conseillère en orientation, qui chantait aussi dans le Choeur de l'Orchestre symphonique de Montréal, ne cache pas que les premières semaines ont été éprouvantes, mais le jeu en valait la chandelle. «Auparavant, quand j'arrivais épuisée du travail, je tentais de compenser mon manque d'énergie en mangeant, raconte-t-elle. Aujourd'hui, lorsque je suis exténuée, je comprends que la meilleure chose à faire est d'aller m'entraîner: c'est ainsi que je me recharge.» Résultat: elle perd 18 kilos.
Elle s'aperçoit que l'entreprise est plus qu'un simple changement de régime; c'est aussi un choix de vie. Un passage à vide l'été dernier l'a fait renouer avec ses mauvaises habitudes alimentaires: elle a repris près de trois kilos en quelques semaines et n'avait plus d'énergie. Elle s'est vite ressaisie et continue de s'entraîner vigoureusement. «Je n'ai jamais été une grande sportive, avoue-t-elle. Avant de m'inscrire au Centre ÉPIC, je faisais de la marche de temps à autre et du ski deux ou trois fois par an. Alors, au début, je souffrais le martyre après une ou deux longueurs dans la piscine semi-olympique du Centre. Aujourd'hui, j'en fais 40.»
Et Luc Desbiens? A sa manière, il tente de s'engager dans la bonne voie... mais c'est difficile: «Les médecins me conseillent de marcher au moins un kilomètre par jour, mais je me contente de bricoler à la maison ou de jardiner un peu.» Au moins, il a pour le moment laissé tomber la cigarette. «Chaque fois que je pense à fumer, je prends un grand verre d'eau. Je suis tout à fait conscient que je mets un pied dans la tombe si je fume!» conclut-il. | ||
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La vie intense de vos os Lorsqu’ils fouillaient le sol de la Mésopotamie, des archéologues japonais ont manifesté une grande angoisse face aux ossements humains qu’ils venaient de découvrir. Pour le chef de la mission, seul un prêtre shinto pouvait calmer les chercheurs, dont la croyance associait l’os à une force vitale très puissante. En fait, bien qu’ils semblent être des structures solides et statiques, nos os constituent un tissu vivant et constamment renouvelé. Ils soutiennent les muscles, protègent les organes vitaux et renferment la moelle, source des cellules sanguines. Les os sont des réservoirs de calcium que l'organisme peut utiliser par résorption, selon ses besoins. La science témoigne que les os ne mentent jamais. Ils racontent sur l’hygiène de vie, l’alimentation et même l’âge d’une personne. En examinant les os de nos ancêtres du paléolithique, les chercheurs ont conclu qu’ils étaient des athlètes anonymes, qui courraient – littéralement – vite pour survivre. Cette activité physique renforçait leurs os. Morale de l’histoire : il faut bouger pour faire face aux rhumatismes – des affections des os et des articulations, telles que l’arthrite, l’arthrose ou l’osteoporose. Lorsque le squelette se prive de soutenir le poids du corps pour des longues périodes, les os perdent des minéraux et deviennent poreux (d’où le nom osteoporose), pouvant casser plus facilement. Voilà pourquoi plus on est sédentaire, plus on est voué à souffrir une perte osseuse importante. Et voilà pourquoi le risque de perte osseuse grave des cosmonautes est l'un des principaux obstacles aux missions spatiales prolongées, puisque le squelette des voyageurs de l’espace ne supporte aucun poids lorsqu’ils se retrouvent en orbite. N’empêche que des rhumatismes sont des maladies tout à fait terriennes et assez courantes, touchant toutes les tranches d'âge. Durcir contre l’osteoporose
Chez les personnes âgées, notamment les femmes, l’osteoporose est un chapitre à part. La diminution de l’oestrogène affectant la fixation de calcium dans les os, les dames ont beau prendre du lait, des capsules ou des bonbons truffés de calcium, mais la fixation de ce minéral dans les os ne dépend pas juste de ce que l’on mange. Pour ceux qui croient que le temps c’est de l’argent, on peut comparer la calcification dans les os aux plans de retraite. Il faut se prendre d’avance – et la nature ne pardonne pas des retards. C’est pourquoi il faut prévoir la fixation de calcium dans nos os avant la trentaine, âge où la densité et la force de nos os sont maximales. Après cela, la pension dépend d’une diète équilibrée au troisième âge et de l’investissement que l’on a fait dès la naissance jusqu’à 35 ans, en consommant des aliments riches en calcium et en pratiquant des activités physiques. « Les femmes sédentaires qui ont des régimes carencés lors de l'adolescence sont des porotiques en puissance », avise le rhumatologue Jean-Paul Bonvarlet. Même si nombre de chercheurs font l’éloge de l’action des isoflavones, ces phyto-hormonnes que renferme la soja, le rhumatologue est moins enthousiaste. « Les isoflavones n'ont pas fait preuve d'une efficacité dans la porose », tranche-t-il. Pour lui, la prévention est la meilleure armure pour éviter les ennemis de l'os, soit l'absence d'exercice, le déficit de vitamine D et les carences alimentaires. Marchez avec votre squelette Plusieurs spécialistes affirment que notre structure osseuse nous a destinés à marcher sur quatre pattes et à se proméner aussi aisément dans les arbres que sur le sol. Le prix à payer pour évoluer est cher : mal de dos, rhumatismes et bien de complications. En évoquant ce sort quadrupède, le géologue Richard Fortey, auteur de l’ouvrage « Vie, une biographie non autorisée », attribue la joie des parents qui accompagnent les premiers pas de leur bébé à l’importance que donne l’humanité au comportement bipède, un saut évolutif qui a changé la destinée des humains pour le meilleur et pour le pire. Pour marcher sur deux pates avec joie, une bonne hygiène de vie est de mise : · Ne transportez plus de 10% de votre poids. · Évitez de demeurer longtemps dans une même position. · Diversifiez vos activités physiques, en combinant des différents types d’exercices qui provoquent la contraction des muscles. La traction sur les extrémités osseuses renforcera votre squelette. · Une raison de plus pour bouder la cigarette et aller mollo avec les boisoons alcoolisées : tabac et alcool agissent directement sur les cellules osseuses. · Évitez les boisons gazeuses, dont les bulles semblent annuler les effets du calcium. · Résistez à la tentation de pousser bébé à marcher trop tôt, car cela pourrait déformer ses os. · Incitez votre entourage (notamment les enfants) à jouir du grand air, tout en se protégeant des rayons UV. Le soleil favorise l'apport en vitamine D, bénéfique à la calcification des os. Quelques minutes d’exposition par jour suffisent. Débora Pinheiro | ||
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Mon corps, le meilleur antidote
Le médicament règle votre problème – c’est tout ce qui faut savoir, décrète la publicité. Êtes-vous d’accord ? En cas de doute, demandez à votre système immunitaire.
Pensez à la quantité d’agents pathogènes qui parviennent à pénétrer dans votre organisme à chaque instant. Pourtant, ce n’est pas un miracle d’être en santé. Hélas, un peu délaissées par la médécine moderne, les défenses naturelles de l’organisme humain travaillent de moins en moins en syntonie avec la nature. Résultat : un affaiblissement progressif d’un organisme qui s’appuie sur pillules, syrops, suppléments, vitamines et toutes sortes d’arsenaux synthétiques pour soulager les maux de tête, d’estomac, de dos, voire de vivre.
Et voilà l’essor des produits dits naturels, idée que l’industrie pharmaceutique capitalise de son mieux. N’empêche que l’approche est toujours axée sur le dépanage et non pas sur la prévention. En comprennant qu’il vaut mieux aller directement aux sources, des patients et des spécialistes en santé prônent les moyens naturels, plus simples, moins chers et plus efficaces à long terme. En revanche, sans une série de connaissances on ne saurait chercher le salut dans la voie naturelle d’une manière radicale, après des années de traitements qui nous dénaturent.
Nourrissez vos défenses
Premier allié dans la création de nos défenses naturelles, le lait maternel est indiqué par les recherches les plus recentes comme la meilleure potion pour renforcer le système immunitaire, renfermant des componantes cellulaires vitales pour structurer les défenses de l’enfant et pour préparer la protection de son système gastro-intestinal au long d’une vie où des bactéries comme la H. Pylori (vedette de la plupart des affections estomacales) seront inévitablement dans le décor. Primo, donc, allaiter son enfant exclusivement avec du lait maternel, conseillent la science et la sagesse ancestrale.
Secundo, manger frais. Fruits, légumes, noix, poissons, viandes, produits du terroir – pourvu que frais et idéalement libres de pesticides et substances toxiques – sont le secret d’un corps moins intoxiqué et prêt à répondre aux agressions de son environnement sans dépenser trop d’énergie. Tertio, manger moins. Un système immunitaire bien préparé demande une diète qui prime par la qualité et qui décline les excès. Cela a été démontré par des recherches comme celle de la professeure Guylaine Ferland, de l’Université de Montréal. Elle a étudié le rapport entre la frugalité à la table et la longévité. En diminuant l'apport calorique, observe-t-elle, nous augmentons non seulement la longévité moyenne, mais la longévité maximale. « En restreignant l'apport énergétique, nous maintenons l'usine cellulaire en bonne condition pendant une plus longue période de temps », soutient la chercheuse. Elle allerte cependant que moins manger peut être disastreux si on ne parvient pas à répondre aux besoins de l’organisme en matière nutriments.
Modération est le mot de passe. Pas question d’abuser du thé vert ou du ginseng, car la nature a doté chaque aliment d’un dégré et d’une teneur de toxité, histoire de freiner les plus gourmands. En excès, tout fait mal. Même le sport. Plusieurs recherches associent un entraînement exhaustif à une baisse de la réponse immunitaire dès la fin de l’activité. Ce n’est pas une raison pour céder à la paresse pour autant. L’idéal c’est de pratiquer des activités physiques régulièrement, sans trop forcer son corps. Le médecin Reury Frank Bacurau, de l’Université de São Paulo (USP), au Brésil, soutient que bouger nous aide à éloigner les maladies. Pour prouver cela, il a placé des tumeurs sous la peau de rats en évaluant la réponse immunitaire des animaux qui pratiquaient des activités physiques. Les rats qui faisaient des exercices modérés ont présenté un état de santé nettement meilleur comparativement aux animaux qui s’épuisaient trop ou qui ne bougeaient rien du tout.
Débora Pinheiro | ||
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Le cerveau, ça s'entretient
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