Créer un casino Annuaire blog Voyage pas cher |
![]() Petites annonces Jeux gratuits Recettes de cuisine |
| ||
| :: matérias diversas em português & desenhos :: articles assortis en français & dessins :: |
| ||
† cet article a été publié dans le magazine Le Trente [http://www.fpjq.org/index.php?id=trenteaccueil], de la Fédération Professionnelle des Journalistes du Québec
_________________________
teleSUR « Indépendants, soit. Neutres, jamais », proclament nos confrères de teleSUR, une nouvelle télé voulant défier la pensée unique qu’incarne, à leur avis, l’industrie culturelle étatsunienne. Que peut-on attendre de cette multinationale publique née pour contrer CNN en espagnol et congénères? Débora Pinheiro Le 24 juillet 2005, anniversaire de Simon Bolívar, le signal transmis par le satellite NSS 806 a mis au monde la plus récente chaîne d’information continue sur la planète, teleSUR (« télé-SUD » en espagnol). Le nouveau réseau émet de la Patagonie jusqu’en Alaska et compte sur une équipe de correspondants permanents dans neuf capitales des Amériques, y compris Washington. La nouvelle chaîne, dont la mise en ondes coûtera environ 12,5 millions $US, entend jouer pour les pays latino-américains un rôle de miroir culturel équivalant à celui que joue TV5 pour la francophonie. La télé de Chávez? Principal actionnaire de la chaîne, le gouvernement du président vénézuélien Hugo Chávez peut assurer à teleSUR une santé financière relativement stable. À ce sujet, le Colombien Jorge Botero, directeur de l’information, affirme que le Venezuela destine les bénéfices provenant de la exploitation du pétrole aux intérêts du peuple. En revanche, les directeurs de teleSUR démentissent catégoriquement que la chaîne est une « TeleChávez », comme ironisent l’opposition vénézuélienne et une bonne partie des think tanks étatsuniens. Botero répond que les journalistes de teleSUR ont intérêt à sauvegarder leur crédibilité, comme n’importe quel professionnel sérieux qui travaille dans un média commercial. Depuis Brasília, le journaliste Beto Almeida, du comité de direction, ajoute que Chávez n’a point besoin de teleSUR pour promouvoir son gouvernement : « Pour faire cela, les pays associés disposent de leurs chaînes officielles de télévision, et les sondages de l’opposition vénézuélienne indiquent que Chávez compte sur 70% d’appui populaire au Venezuela. Ceci étant dit, les peuples ont le droit de choisir leurs modèles politiques, leurs voies de développement et leur manière de se situer dans le monde moderne. » TeleSUR appuie d’ailleurs ouvertement la chaîne pan-arabe Al-Jazira en lui assurant un bureau à Caracas. Al-Bolívar Le gouvernement étatsunien, quant à lui, est sur ses gardes. Avant même que teleSUR commence à émettre, le représentant républicain de la Floride, Connie Mack [http://mack.house.gov/index.cfm?FuseAction=AboutConnieMack.Biography], a proposé au Congrès des États-Unis une motion afin de contrer la menace que pouvait faire peser la chaîne sur l’« équilibre de pouvoir dans les Amériques », accusant le Venezuela de diffuser de la propagande anti-américaine. TeleSUR a riposté en rappelant que presque 90% des contenus audiovisuels en Amérique latine sont déjà le fruit de productions nord-américaines. « Ce déséquilibre est-il un hasard ou est-il le résultat d’une avalanche en sens unique des industries culturelles et des entreprises de communications nord-américaines vers la périphérie? », demande Beto Almeida. Il rappelle, par exemple, que si le Latino-Américain moyen peut nommer sans difficultés la capitale de la France, identifier celle du Honduras sera pour lui une toute autre paire de manches. Il se dit par ailleurs préoccupé par le fait que si la plupart des jeunes latino-américains connaissent Madonna, bien peu savent que Violeta Parra, celle qui a composé la célèbre chanson Gracias a la vida et qui a été la première Latino-Américaine à exposer des oeuvres d’art dans le Musée du Louvre. Le journaliste brésilien est d’avis que le processus d’intégration interculturelle entamé par teleSUR est l’objet de la mauvaise volonté des médias nord-américains comme sud-américains contrôlés par des multinationales privées. Mais les obstacles à la nouvelle chaîne sont aussi strictement économiques. Il souligne que la législation canadienne, notamment la québécoise, est un exemple à suivre, puisqu’elle tente de protéger les contenus nationaux, démontrant une position plus progressiste face « au sacro-saint jeu du marché de libre initiative prôné -- mais pas respecté -- par les États-Unis ». Pas de pub!
Depuis Caracas, la journaliste Janlisbert Velasco explique que la principale marque de commerce de teleSUR est sa programmation. L’information y constitue 45% des contenus diffusés, mais selon elle, ce qui différencie teleSUR des autres chaînes d’information continue en Amérique latine est le choix des sujets: « On met l’accent sur les luttes de notre peuple, tous mouvements sociaux confondus: autochtones, paysans, femmes... Nous misons sur un journalisme de qualité en dévoilant des aspects significatifs de la réalité latino-américaine que les médias commerciaux refusent systématiquement de montrer », souligne-t-elle. Esthétiquement, il ne faut pas s’attendre au format des médias commerciaux, à commencer par l’absence de publicité. Oublions aussi les protocoles. Les présentateurs de teleSUR s’habillent comme monsieur et madame tout le monde et le style convivial s’adapte à une programmation hétéroclite, couvrant des sujets comme l’expansion des bases militaires nord-américaines, la guerre de l’eau en Amazonie ou les initiatives des personnages anonymes qui changent la donne dans le continent. Sur le plan culturel, on trouve aussi des émissions branchées sur le ska, le rap, le hip hop et la musique électronique. Chose certaine, les superproductions hollywoodiennes sont rayées de la programmation : la chaîne ne présente que des documentaires négligés par les circuits commerciaux, comme une coproduction germano-argentine sur les travailleurs de Mercedes Benz disparus pendant la dictature militaire argentine. Un parti assumé N’hésitant par à prendre position, les journalistes de teleSUR déclarent à l’unisson que l’objectivité n’est qu’un jeu rhétorique. Pour eux, les grandes chaînes qui occultent certains sujets en feignant la neutralité portent atteinte au droit du public latino-américain à l’information et sacrifient carrément leur intégrité journalistique : « Pourquoi la correspondante de CNN à la Havane n’a-t-elle jamais fait de reportage sur l’École latino-américaine de médecine, qui forme gratuitement des médecins issus des milieux défavorisés de plusieurs pays, y compris des États-Unis? S’agit-il d’une information sans importance journalistique? », demande Beto Almeida. Mais prendre position, c’est aussi prendre des risques, même pour des professionnels très bien cotés dans leur pays. À cet égard, ce qui est arrivé au correspondant de teleSUR en Colombie, William Para, est éloquent. Le journaliste, qui s’oppose ouvertement au gouvernement colombien, participait à une rencontre sur la globalisation et la désinformation le 22 mai dernier à Bogotá. À sa sortie, il a reçu cinq coups de couteau, qui l’ont obligé à retarder son enregistrement pour teleSUR, qui ne diffusait qu’à titre de rodage, à ce moment-là. Malgré cet incident, teleSUR montre que sur le terrain des médias, il y a encore moyen de sortir des sentiers battus, la nouvelle chaîne promet devenir un point de repère pour les journalistes qui assument un regard critique en ce qui concerne l’apparente neutralité des médias.
« Notre Nord c’est le Sud » TeleSUR compte des correspondants dans les pays suivants : Argentine, Brésil, Bolivie, Colombie, Cuba, États-Unis, Mexique, Uruguay et, bien entendu, Venezuela où l’on compte une vingtaine d’employés dans la rédaction.
4 actionnaires Venezuela : 51% Argentine : 20% Cuba : 19 % Uruguay : 10%
Débora Pinheiro :: Pour visionner TeleSUR en ligne : http://www.telesurtv.net/
: citation:
http://www.categorynet.com/v2/index.php/content/view/13715/315/
| ||
| Poster un commentaire |
| Entrée 9 of 38 |
| Page précédente | Page suivante |