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Un texte d'ici.. http://ledivinconnard.hautetfort.com/
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Für Elise
J’étais au téléphone avec elle depuis une heure. Etendu sur mon lit, je lui expliquais que j’avais essayé de garder l’odeur de son sexe sur mes doigts le plus longtemps possible. Au moins assez longtemps pour en jouir pendant notre conversation téléphonique. Puis j’ai réalisé que je n’avais plus envie de lutter contre l’Autre. J’en avais ma claque de cette guéguerre des sentiments, au début un jeu excitant, mais maintenant un véritable chemin de croix qui n’avait plus lieu d’être, tant notre entente était miraculeuse. Cela faisait des mois que ce jeu avait commencé et j’avais renoncé aux autres femmes depuis bien trop longtemps. Mon amour pour elle aurait pu être immense, mais il était trop tard, trop nous séparait, c’était maintenant mon tour d’en être persuadé. Comment pouvait-elle aimer cet autre homme ? Elle avait mis sa vie entre ses mains et je ne le comprenais pas. Je ne l’acceptais pas. J’avais tenté de la libérer de son aliénation ridicule, j’avais tout essayé, de toutes mes forces. La conviction de mon amour parvenait régulièrement à l’atteindre au plus profond d’elle-même. A l’endroit même où quelques résidus de lucidité reposaient tranquillement, dans l’attente d’une libération prochaine. Des larmes apparaissaient alors au coin de ses yeux. Des larmes de désespoir, témoins de la lente agonie de notre amour, étranglé par les mains de cet homme si puissant, si obsédant, si rassurant. Il avait été là au tournant de sa vie, il l’avait aidé à oublier un passé douloureux et à croire en un futur merveilleux. Il était la promesse d’une vie sans peurs et interrogations. Il incarnait l’amour et l’espoir. Comment pouvais-je lutter? Chaque fois qu’elle se donnait à moi, la culpabilité la rattrapait et me l’arrachait. Bloquée dans sa bulle, Elise n’a pas pu attraper la main que je lui tendais.
Le libertin que je suis s’est amouraché d’une fille qui n’aime que Jésus. Dieu, petit enculé, tu me pousses encore une fois vers le péché.
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