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les Chants d'ERNAGOR

12/06/2008 - POURQUOI, MAIS POURQUOI DONC !

Posté dans Humeur
 

Aujourd'hui 11 juin 2008, à très exactement 3 h 50 du matin je me trouve scotché sur A2, une émission vérité sur la Guyane.

Très honnêtement je ne suis pas un spé******te de la Guyane : je n`y ai séjourné qu’un an, ai des connaissances, des échaudés cuisantes, des rencontres amoureuses ou réfractaires, des livides ou des séduites, des amis, des médiocres ou des vrais, des rencontres et des ressentis, mais il se trouve que, à l'époque, fonctionnaire en recherche de poste dans un pays qui m'attirait, j'ai passé un an à crever de faim(-15 kilos en trois mois et plus de 25 depuis) dans l'attente hypothétique d'un poste libéré afin de pouvoir rencontrer une vie pour laquelle je me sentais disposé et à laquelle j'aspire depuis tant de décennies que l'icône de service s'enlise et disparaît.


Mea culpa : je vous emmerde avec des considérations personnelles qui n'ont d'autres intérêt que de vous signaler une certaine pratique, mais pourtant il me faut, à des fins de compréhension, poursuivre et me noyer.


Peu importe la faim, seuls se justifient les moyens.

Là, distance des lieux ou erreur de l’histoire, une surprise inconcevable m’attendait : une incoercible et incompréhensible créolitude revendicatrice ; le rejet fut total au point que la responsable locale des ressources humaines m’indiqua clairement que je n'avais pas la bonne couleur, et, devant la possibilité de mise en cause face à un tribunal administratif, juste souri et m'indiqua que je n'en avais pas la moindre preuve (authentique, à tout hasard, sachez quand même que certains ex-anciens vrais esclaves puis maitres d'esclaves-bagnards, sont l’outil implacable d'une réécriture de l'histoire et que des documents authentiques disparaissent des archives et des bibliothèques afin de conforter l’idée que seul le blanc est un salaud indéfectiblement et définitivement raciste)


En réalité, bien au delà de contingences personnelles, le dégoût de la chose m'a conduit à une profonde apparente indifférence, et, des années après, sur cet écran livide, à cette heure de la nuit dont rien ne préjuge d'une éventuelle complicité, s'agitent et se débattent des images et des commentaires dont le délire m'inspire les plus vives incompréhensions et les plus hautes méfiances. 

Car , au milieu de nulle part et d'intérêts mesquins, des métros débarquent, et se prennent au sérieux dans une présentation hautaine d'un "enfer vert" correctement communicant mais qui ferait rire le plus humble riverain.

 


Décidément la connerie humaine a encore de beaux jours.

Un guignol avide nommé Gérard DU… je ne sais quoi, inculte prétentieux et bavard, tente de nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

Ce blaireau me rappelle un jour de 1972 ou, de retour de 18 mois de Brésil dont presque six d'Amazonie, de retour dans ce pays si totalement et uniformément gris d'ennui et de pulsions, ou une amie de rencontre m'a proposé d'aller voir une conférence de "connaissance du monde"sur le Brésil.

Et là, sous mon regard ahuri, ont défilés pendant plus d'une heure les poncifs les plus exigeants d'une civilisation exacerbée : Amazonie enfer vert, l'immensité, la luxuriance et l’infranchissabilité d'un territoire non humain.

Il se trouve que pendant plus de trois mois j'ai eu l'occasion de descendre ou remonter différent fleuves, le Madeira, l'Amazone et le Jurua, et que justement contrairement à toutes les idées reçues, ce qui m'a surpris c'était l'intensité de la vie que l'on y trouvait.

Déjà, à l'époque, la vie pullulait au long des berges ; certes bien des jours de canoë, des heures d'embarcations motorisées, des kilomètres indiscernables, séparaient chaque communauté ; des établissements partout et toujours se révélaient une constante, de la simple implantation familiale à la plus débridé-fanatique évangélique interprétation, de la plus misérable à la plus localement représentative de l'aisance et du pouvoir, les cases s'alignaient au long de berges censées inatteignables et mortes.

L'auteur, au demeurant charmant et sympathique, venait de passer le temps de son service militaire à la coopération à hanter les rues de Copacabana, Leblond et autres résidentiels quartiers de Rio de Janeiro avant que de décider d'utiliser utilement le temps cumulé de ses congés et d'en profiter pour faire un film qui pourrait rentabiliser l'espace de sa vie accordé à l'État nourricier. Intention plaisante sur le fond mais réductrice quant au résultat.

Inculte d'une réalité il s'était astreint à n’enregistrer que ce que ses publics civilisés éventuels étaient censés accueillir favorablement, puisse que, confortablement conforme à tous leurs préconçus.


Et là, une fois le plus, un médiocre Gérard DU…(gland peut-être ?) tente de nous faire accréditer une Guyane vision XVIIIe, ou, au mieux, XIXe siècle débutant, en ignorant les réalités, en escamotant les problèmes et leurs causes, et toujours sans la moindre idée d'un embryon de solution.

Depuis des trans-Amazonie, d'humbles implantations, des brûlis miniers et aurifères, des déforestations plus ou moins massives pour des cultures de soja, ou, gag insupportable tandis que des masses crèvent de faim, des OGM pétroliers qui s'implantent et se carburent, envahissent le territoire, bouleversant les existences d'autochtones toujours reniés malgré les déclarations et les organismes censés les protéger, et au-delà de tout, menace pour une partie essentielle, la vie d'espèces multiples, sols, flore et faune confondue, et au-delà celui de la planète.


Mais, semble-t-il, au-delà de ses propres commodités, tout le monde s'en fout : alors crevez !


La Guyane, puisqu'il est question d'elle, crève :

des blancs, natif ou non s'évertuent à perdre les semblants de fortune accumulés en des vies antérieures dans des tentatives de développement économique (agriculture, tourisme et industries pour le moins peu durable) tandis que des créoles, souvent revanchards, s'administrativent et préparent un carnaval qui phagocyte sur 6 mois de préparation et paralyse toute vie pendant un mois.

Particularité locale mais non exclusive : la majorité des produits manufacturés est importée, aussi en fonction d'intérêts politicos-économiques bien compris les grèves des dockers s’instaurent et perdurent au gré de bénéfices à partager utilement.

Des hordes de migrants investissent subrepticement le territoire, parfois main-d'oeuvre presque esclave et souvent résidant "allocations"de bidonvilles cachés mais fiers de leurs antennes satellites.

Les Surinamiens pèchent une crevette dont vous n’avez pas même la notion (exportation oblige), les Brésiliens Tintinophiles (de 7 à 77 ans) s'activent et bouleversent, tous les domaines leurs sont bons, illégaux ils sont la main-d'oeuvre préférée des petits employeurs, toutes activités confondues.

Les Jamaïcains au mieux fument ou se crackent, dansant et agressant pour une virtualité qui leur est devenue vitale.

Les asiatiques se partagent l’activité utile (les chinois et assimilés, le commerce, et les Mongs l’agriculture) sont des bœufs, mais, à l'instar de l'animal qui les représente, ils parlent peu mais agissent. Certes, pour les Mongs, il faut les éduquer car leurs conceptions de l'agriculture reste éminemment productiviste et les doses d'engrais proportionnelles et splendidement néfastes, mais, avec le temps...

Les touristes nationaux ou extérieurs, venus, bien que le plus souvent désarmés face à leurs rêves de retour à la nature et de forêt vierge, se font gentiment piller ou agresser, jurant mais un peu tard qu'on ne les y reprendra plus (pourtant les tarifs pratiqués par Air France auraient dû les dissuader d'entrée de jeu).

Et, malgré tout, à la pointe de ,les boules s’entrechoquent tandis que les crimes fleurissent.


Alors, les errances d’un Gérard DU…, au mieux, bof !


Recommandation, à chacun et à tous : bien au delà des lieux et des faits, s'il vous reste une once de bon sens, à chaque seconde de votre existence, qu'une question se formule ou pas, tentez de rester seul et réaliste ; à chaque question rechercher la captation profonde de tous les éléments et, au-delà de l'interprétation, la compréhension de la formulation réciproque, puis, le plus honnêtement possible, tentez de formuler une réponse qui profite à toutes les parties.

 

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