Nous vous l'annoncions dès hier sur notre site : dans un communiqué, la fédération Force ouvrière de la chimie, diffusant des informations de Joël Dereumetz, délégué syndical central d'Arc International, annonçait que le groupe verrier « prévoyait la suppression de près de trois mille emplois d'ici à la fin de l'année ». Ce communiqué a entraîné un « démenti formel » de la direction et une levée de bouclier des autres syndicats.
Un contre tous et tous contre un. De Guy Foube, syndicat autonome, secrétaire général du comité d'entreprise, à Philippe Deregnaucourt, secrétaire adjoint de la CGT, en passant par Vincent Fenaert, de la CFDT, c'est une véritable levée de boucliers qu'a provoquée le communiqué de FO. Lequel affirme que la direction d'Arc International « devrait mettre en oeuvre un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) les 5 et 12 février, destiné à supprimer, d'ici au 31 décembre 2008, près de trois mille emplois. » Le communiqué détaillait que sur ce total, mille cinq cents emplois disparaîtraient « au titre de sureffectifs », « les mille cinq cents autres touchent des services tels que le gardiennage, les espaces verts, l'entretien des locaux que la direction veut externaliser ».

Joël Dereumetz persiste et signe, sauf sur la date : « D'ici à la fin 2008, il ne se passera rien, contrairement à ce qu'on dit par erreur dans le communiqué. L'entreprise est tenue par l'accord de méthode. Mais après, en 2009 ? Avec les comptes que l'on présente, suite à des achats hasardeux comme Salviati ou Mikasa, on ne pourra pas continuer à supporter le sureffectif. » Affirmant s'appuyer sur des déclarations de la direction lors des comités d'entreprise de novembre et de décembre : « On nous dit qu'il faut tenir un langage de vérité et dans le même temps on nous demande de ne pas affoler les gens. Quand vont-ils s'affoler ? Quand ils seront au chômage ? » Enfin, il justifie le chiffre de trois mille suppressions d'emplois en additionnant les huit cents postes concernées par des activités déjà mutualisées et le sureffectif.
Honteux, c'est une c... de dire ça », s'emporte Vincent Fenaert, de la CFDT. « La réunion du 5 février est suffisamment importante et stressante comme ça pour le personnel pour ne pas en rajouter », indique Guy Foube, du syndicat autonome. Philippe Deregnaucourt, CGT, affirme : « Les chiffres avancés sont fantaisistes et il n'a jamais été question de licenciements lors des comités d'entreprise. »
« Démenti formel »
Lors d'une conférence de presse téléphonique, hier après-midi, José-Maria Aulotte, directeur des ressources humaines et de la communication d'Arc International a opposé un « démenti formel » au communiqué de la fédération FO.
« Nous sommes dans le plan social qui a été annoncé en 2004 et qui court jusqu'à fin 2008. Celui-ci prévoyait 2 659 suppressions d'emplois sans licenciements et un sureffectif de mille deux cents personnes. Nous entrons dans la dernière année de ce plan », a réaffirmé José-Maria Aulotte. Qui s'est refusé à donner le nombre exact de postes supprimés depuis 2004 : « Nous donnerons ces informations en priorité aux organisations syndicales. » Tous ne sont d'accord que sur un seul point : deux réunions sont déjà organisées entre la direction et les organisations syndicales. La première, le mardi 5 février, fera le point sur le premier plan social qui couvre la période 2004-2008. La deuxième, programmée le mardi 12 février, évoquera la stratégie de l'entreprise et le second plan social prévu pour l'après-2008. On espère y voir plus clair ensuite. •
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