« Je suis vacciné contre le bonheur » Tiré de "Etre heureux ce n'est pas nécessairement confortable", de Thomas D'Ansembourg.
"Premier double message contradictoire : Un vaccin en deux injections/injonctions.
Première injonction : « on n’est pas là pour rigoler ». (le bonheur est interdit).
« Faut se battre pour vivre ». Dans nos cœurs d’adolescents et de jeunes adultes, cette injonction s’est encodée comme un interdit. Dans cette optique fort préoccupée par le "faire" plutôt que par "l’être", le bonheur est comme interdit, trop suspect d’abandon, de laisser-aller : "tu ne peux pas être heureux, tu cesserais d’être vigilant, attentif, travailleur, performant." Dans cette optique également préoccupée de ce que tout s’obtienne dans l’effort, la peine et le mérite, le bonheur est suspect de contentement, de satisfaction, voire de narcissisme et d’égocentrisme, quand ce n’est pas de "déconnexion de la réalité" : "tu ne peux pas être heureux puisqu’il reste tant à accomplir.", "tu ne peux pas être heureux, puisqu’il y a au même moment, tant d’êtres malheureux de ce qu’ils vivent.", "tu ne peux pas être heureux, tu cesserais d’être généreux, ouvert aux autres, conscient des enjeux du monde.".
La confusion des sentiments et des valeurs qui se manifeste souvent par la culpabilité, vient ainsi corrompre les moments qui pourraient être pleinement consacrés à la joie. Entretenue par ce qui me semble être une tragique interprétation du message du christ, qui parait piégée par le mode de pensée binaire : "puisque Jésus nous invite à regarder l’au-delà de nos relations, de nos différences et des préoccupations de notre incarnation, c’est qu’elle ne vaut pas la peine. Attendons l’au-delà en nous méfiant de cette vie terrestre et en la décriant."
Dans cette optique donc, l’idée de se réjouir, à fortiori d’être heureux sur cette planète, est suspecte de matérialisme, de fuite ou d’aveuglement. Dans certains milieux, un être heureux est soit un "con", soit un égoïste, soit les deux ! La pensée binaire est piégeante. Si je caricature un peu, soit on est intelligent, donc hyperactif, catégorique, voire méchant, plein de soucis et dormant mal, soit on est heureux et forcément égoïste, ou idiot, inconscient ou simplet, en tout cas pas dans la réalité, et bien sûr alors qu’on dort bien…
De cette habitude de penser naît la peur d’être heureux et de le montrer. J’ai connu des personnes heureuses dans leur cœur mais qui n’osaient pas le montrer de peur de paraître idiotes, égoïstes, et déconnectées de la réalité.
« Cacher sa joie ».
La joie intense ferait-elle peur ? Parlez de vos conflits, de vos tracas, de vos maladies, de choses inexorables et sans espoir, et on vous écoutera avec sérieux. Parlez de votre amour pour tout ce qui est vivant, de votre confiance croissante en la vie, et de votre joie profonde, et on vous croira membre d’une secte ! Je parle d’expériences vécues. Ces attitudes ne sont pas contre vous ; elles sont simplement l’expression de ce que le système a peur du changement et se cramponne à sa continuité. Rappelez vous simplement pour vous donner de l’empathie que vous n’êtes pas là pour conforter le système dans ses certitudes. Vous êtes là pour être ou devenir joyeusement vous-même.
« Payer la facture ».
Parfois c’est la peur de payer la facture tôt ou tard qui nous empêche d’être heureux. Il s’agit là d’une croyance tragique qui à la peau dure. Or, si nous prenons la peine de regarder vivre les gens heureux, nous pourrions constater qu’ils sont vraiment heureux en profondeur (Je ne parle pas de façade de complaisance qui cache le mal être sous le masque gentil ni de l’attitude du boute en train qui peut dissimuler le clown triste, voire franchement désespéré), et même de plus en plus durablement heureux. Mais quelque chose fait que la plupart du temps nous ne voyons pas cette réalité là. Et cela, c’est le propre d’une croyance : nous enfermer dans une vision qui n’est pas la réalité et nous empêcher de voir ce qui est.
Je crois que la capacité de goûter un bonheur profond s’accroît et ne s’atrophie pas : plus nous goûtons ce bonheur profond, plus nous approfondissons notre capacité à le goûter, quoi qu’il advienne.
Deuxième injonction contradictoire : « faut être heureux quand même avec ce qu’on a » (le bonheur est obligatoire)
Bonne morale et bonne logique obligent : comme on peut toujours trouver plus malheureux que soi, on est donc heureux. Dans cette logique, il n’est pas question de sentiment, mais de devoir : le devoir d’être heureux quoi qu’il advienne, comme si quelque chose d’aussi subtil et intime qu’un sentiment,-et à fortiori un état intérieur – pouvait se commander par décret ! dans cette logique, donc, basée sur l’avoir plutôt que sur l’être, la culpabilité vient encore une fois envenimer la conscience : « comment oserais-tu ne pas être heureux avec ce que tu as alors que tant de gens n’ont rien ? »
Que de personnes prises en tenaille dans cette culpabilité s’empêchent de faire leur grand nettoyage intérieur, alors que ce serait précisément l’occasion de retrouver leur profond bien-être ! Elles se mentent souvent en disant « tout va bien » alors que leur être entier crie « Rien ne va plus ! ».
Observons que cette injonction de bonne morale néglige le principe d’alternance.
C’est précisément la conscience et l’expression de la souffrance qui sont l’occasion de redevenir plus heureux, malgré l’inconfort des circonstances. Ensuite une certaine interprétation réductrice et cependant courante de la pensée positive prend le relais de la bonne morale : « la vie est toujours belle, et tout va bien. Il n’y a jamais de problèmes, que des solutions… » instaurant semblablement une sorte d’obligation culpabilisante (« je ne suis pas à la hauteur », « les autres y arrivent et pas moi, je devrais faire plus d’efforts ») et négligeant le principe d’alternance. Le risque de la pensée positive prise au premier degré est l’angélisme. En effet la vie n’est pas toujours belle, tout ne va pas toujours bien et nous mettons souvent bien du temps et vivons beaucoup de souffrances à mijoter dans le problème avant que n’émerge une solution. Il vaut mieux le savoir – c'est-à-dire être conscient du principe d’alternance – pour ne pas déchanter à la moindre embûche.
Enfin certains courants actuels semblent proposer un raccourci pour le bonheur intérieur. Ils présentent en effet le bonheur comme une évidence dont l’accès est immédiat, sans rendre du tout compte des étapes successives nécessaires. Cette vision donne une impression d’obligation mondaine, le dernier must à la mode qu’il ne faut pas manquer.
Je rencontre à l’occasion des personnes qui cheminent dans ces courants. Si j’ai, certes, de la compréhension pour leur élan, j’ai toutefois l’impression (vérifiées à maintes occasions) qu’elles espèrent pouvoir sauter les étapes et arriver à un stade d’éveil digne du Buddha sans faire tout le chemin de transformation et d’alchimie personnel qu’une telle démarche demande. Souvent elles se sentent déchirées, un peu honteuses, ou même coupables de ne pas y arriver. Souvent la vie dans sa vigoureuse sagesse, leur montre qu’elles ne feront pas l’économie du cheminement et de l’intégration des étapes. Et cela n’est pas un moment confortable.
Il peut arriver que ces personnes viennent en thérapie, bouleversées d’avoir pris la réalité en pleine figure. Séparation, divorce, deuil ou maladie, licenciement ou accident se sont chargés de leur enseigner que le bonheur n’est pas une idée mais une conscience et que celle-ci s’ancre et croit non par la pensée, mais bien par la connaissance née de l’expérience. Les belles notions dont elles émaillaient leurs conversations ne sont pas encore des fondations stables, posées pierre après pierre de leurs propres mains et sur lesquelles elles pourraient construire solidement leur lieu de vie pour y installer leurs habitudes et y allumer un foyer lumineux et durable. Ces notions ont été comme un feu d’artifice qui les a fascinées et réjouies un moment dans la nuit, pour les y laisser bientôt perdues. Heureusement il est toujours temps de recommencer avec autant d’idéal… et plus de réalisme !
Double injonction tétanisante et déchirante : Alors il ne reste plus qu’à conjuguer ces deux injonctions
1 on n’est pas là pour rigoler.
2 on doit être heureux quand même.
Nous obtenons ainsi un mouvement de cisaille qui casse l’élan de vie en instaurant dans le cœur de beaucoup d’entre nous non pas la confiance en soi et en la vie, mais le doute, voire la peur d’exister, d’être vivant,d’être soi et d’occuper pleinement sa place.
Cette double injonction à la fois déchirante et tétanisante crée une inhibition fondamentale encodée dans notre disque dur. Ce qui est tragique dans une telle double injonction, c’est qu’elle est à la fois généreuse dans son intention et implicite dans son expression, ainsi doublement dotée du pouvoir de s’imprégner incognito dans notre inconscient. Le piège est parfait, inconnu, invisible inusable.
J’ai cotoyé et cotoie toujours, tant des personnes qui sont inconscientes de ce double langage, et qui vivent dans ce piège sans s’en être rendu compte, que des personnes qui en ont bien pris conscience mentalement, mais qui n’ont pas encore trouvé la manière de transformer concrètement leur façon de vivre. Que d’énergie ainsi perdue à gérer cette tension, à tenter de résoudre cet interminable conflit intérieur, cette querelle intestine ! toute cette énergie pourrait être consacrée à penser et vivre autrement.
Deuxième double message contradictoire : un rappel en deux injections/injonctions.
Déjà le double vaccin, avec ses contre indications aussi fatales que méconnues, met à mal bien des vies. Ce serait encore peu de choses si ses effets tragiques n’étaient encore aggravés par un second double message qui vient, tel un rappel de vaccin, renforcer le processus de déchirure et de tétanisation. Ses deux composantes s’énoncent comme suit :
1 – il faut être le meilleur (la performance et le succès sont obligatoires)
2 – il ne faut pas se prendre pour le meilleur (la performance et le succès sont interdits).
Première injonction : « il faut être le meilleur ».
C’est le « sois parfait » proposé, entre autres, dans différentes méthodes de développement personnel. De nouveau cette injonction n’était pas forcément formulée clairement ni dans cette intention là pour le petit garçon ou la petite fille que nous avons été. D’ailleurs, si elle avait été aussi clairement dite, il nous aurait été sans doute plus facile de réagir.
Ainsi sa formulation était plutôt du genre « faut pas s’endormir sur ses lauriers » dès qu’on atteignait un succès. Pas le temps de s’en réjouir vraiment, ni, bien sûr, de se reposer.
En conséquences, que de vies usées, voire épuisées, par cette quête insatiable d’une perfection, par nature toujours hors d’atteinte, ou d’une performance pas toujours dans nos goûts ni dans nos capacités ! cette injonction – en nous fixant comme objectif en état vers lequel on peut tendre, certes, par élan et par plaisir, mais qui n’est pas forcément à atteindre- a jeté en beaucoup d’entre nous le poison de la frustration constante et l’un de ses corollaires, le poison de la compétition et de la comparaison : être le meilleur, avoir la meilleure place, courir plus vite, être plus aimé, ou plus reconnu, gagner plus d’argent, rouler plus vite, prendre les plus grandes part du marché, monter au plus haut poste… que de vies de femmes et d’hommes de couples et de familles, broyées et laminées dans cette course incessante de guerriers et de guerrières !
Cela commence par l’école et se poursuit la vie durant et au galop par un parcours effréné entre la vie professionnelle, la vie de couple et de famille, et la vie sociale : la vie comme un parcours « à faire ». Nous aurons fait toutes les étapes avec sans doute la reconnaissance sociale habituelle… mais nous serons nous permis d’être vivants, présents, avec le bénéfice d’un profond contentement intérieur, à la fois croissant en nous et rayonnant autour de nous ?
Deuxième injonction : « il ne faut pas se prendre pour le meilleur »
Nous avons entendu « ne te mets pas en avant. Laisse les autres passer devant. Ne te prends pas pour meilleur que tu n’es » Nous avons encodé en nous « reste en retrait et doute de toi ». l’intention de cette injonction était vraisemblablement une invitation à la modestie, qui, si elle n’est pas fausse, est une valeur que j’apprécie particulièrement. La vraie modestie nous maintient dans la vigilance, dans la capacité salutaire de se remettre en question sans se dénier soi-même.
Le risque qui sous-tend cette dernière injonction, c’est de créer – ce qu’elle a fait chez bien des gens – le déni de soi, précisément. Et qui ne s’est jamais dit ou n’a jamais entendu dire ces petites phrases assassines du genre : « Comme je ne suis pas le meilleur je suis nul » « Même si j’ai de bons résultats je peux mieux faire et je me dois donc d’être insatisfait de ce qu’il reste à faire plutôt qu’heureux de ce qui est accompli ». « Mon opinion dérange ou ne vaut rien, je ferais mieux de laisser parler les autres. Les autres savent mieux, font mieux, sont mieux. » « S’exposer, s’exprimer, c’est risquer de ne pas être le meilleur, donc je reste en retrait. » « on ne m’accepte pas comme je suis, on va me critiquer. Personne ne m’aime. »
Ces petites phrases qui manifestent un tragique manque d’estime de soi, méritent notre attention vigilante : elles sont autant de jugements, de croyances ou de syllogismes simplistes qui enferment. Il m’apparaît que sans doute plus de 80% des consultations en psychothérapie ont trait finalement à l’estime de soi. Je dis finalement parce que la demande de départ est rarement de cet ordre.
Mais tôt ou tard dans la psychothérapie apparaîtra la question de l’estime de soi : « est ce que je me donne la place que j’attends désespérément qu’on me donne ? Est-ce que je m’apporte cette reconnaissance ou ce respect profond, inconditionnel, que j’attends désespérément qu’on m’apporte ? est ce que je m’aime comme je suis, c'est-à-dire en route, en construction, même en chantier, ou est ce que je continu à attendre d’être parfait et accompli pour commencer à m’aimer ? »
Je suis vraiment frappé de constater combien la blessure profonde de la plupart des gens qui consultent (et j’aurais tendance à croire qu’il en est de même, mais encore plus inconsciemment, pour celles qui souffrent en silence et ne consultent pas) a trait à l’estime juste et mesurée de soi-même. Le risque, quand nous ne prenons pas soin de cette blessure, c’est d’entrer malgré nous dans toute sortes de dépendances et de compensations douloureuses et pas forcément visibles, comme celle d’être accro au regard des autres, intolérants ou vulnérables à la moindre critique ou contradiction, incapables de solitude, ou au contraire, de vie en communauté, prisonniers d’une compulsion qui se manifeste par des achats intempestifs ou des aventures amoureuses à répétition.
« si je ne m’apporte pas à moi-même une reconnaissance juste et mesurée, je risque de passer ma vie à quêter désespérément à l’extérieur de moi une reconnaissance déplacée et démesurée. » De nouveau, travailler tous les jours à une juste estime de soi, cela suppose de développer sa propre capacité de se remettre en question et de regarder ses ombres, ce qui n’est pas confortable !!!
Conjuguer la double injonction :
Il suffit de combiner
«il faut être le meilleur » Avec « il ne faut pas se prendre pour le meilleur »
Pour obtenir une fois de plus un mouvement de cisaille qui casse l’élan de vie. Cette double injonction encode à son tour une inhibition fondamentale qui mène souvent à vouloir sans oser, à espérer sans entreprendre, à attendre sans transformer, à subir sans agir.
Décoder les doubles messages contradictoires : quitter la pensée binaire.
Nous avons souvent entendu, enfants, des phrases telles que : « sois gentil range ta chambre », « sois gentille aide moi », « sois gentil ramène de bonnes notes de l’école ». Cela c’est ce que nous avons entendu avec nos oreilles d’enfants. Toutefois, ce que nous avons encodé avec notre cœur d’enfant, dans notre petit disque dur « affectivo-psychico-sensoriel », est d’un tout autre ordre. Nous avons souvent encodé « je t’aime si… » (note de la copiste : perso, je ne suis pas sûre qu’on soit entièrement responsable de la façon dont on a « encodé » les messages…)
Alors que se passait-il dans notre cœur d’enfant lorsque nous ressentions ceci : « mais moi, je n’ai pas besoin de ranger ma chambre, j’aime mon joyeux désordre, j’exprime mon identité d’ado et cela ne veut pas dire qu’une fois adulte je n’aurais pas le goût de l’ordre… j’ai besoin qu’on me fasse confiance dans ma capacité d’évolution. »
Que se passait-il dans notre cœur d’enfant lorsque nous ressentions ces choses ? osions-nous les exprimer, confiants que nous serions écoutés, compris et respectés dans notre différence et notre identité?
(pour entendre cela sans croire que je prône de laisser les enfants faire n’importe quoi, il s’agit de se rappeler un des principes de la CNV: nos besoins ont plus besoin d’être reconnus que satisfaits ; autrement dit, le fait de reconnaître les besoins de l’autre ne veut pas forcément dire qu’on est prêt à les satisfaire. Reconnaître les besoins de l’autre, même s’ils sont différents des nôtres, fonde son identité et son altérité. Lorsque nous cessons d’être gentils, nous acceptons l’idée que reconnaître le besoin de quelqu’un ne veut pas dire démissionner du nôtre. Il s’agit plutôt de trouver ensemble une solution satisfaisante tant pour l’un que pour l’autre, sans dominer ni soumettre.)
La plupart du temps, nous nous serons écrasés pour être gentils et ne pas déranger, pour ne pas risquer de vivre du rejet, un renvoi ou le désamour. Ce besoin d’amour, de sécurité affective est absolument prioritaire pour l’enfant. J’ai rencontré des enfants battus ou victimes d’abus qui trouvaient toutes sortes de raisons pour excuser leurs parents et pour tenter de ne pas compromettre le lien affectif. Ils disaient par exemple « oui mais mon père avait de gros problèmes au travail. Son patron le faisait chi… donc c’est normal qu’il se fâche contre moi et qu’il me frappe. » « oui mais ma mère était malheureuse toute seule, il fallait bien qu’elle trouve un peu d’affection ! j’étais la seule personne proche. C’est normal ! »
Ces enfants là, il leur faut bien du temps pour reconnaître –quand ils y arrivent- et pour accepter la colère et l’indignation qu’ils portent en eux vis-à-vis de leurs parents. Il leur faut bien du temps pour quitter la vision binaire : « si je suis en colère contre mes parents, je transgresse le tabou qui veut qu’on aime toujours ses parents et je risque qu’ils ne m’aiment plus » et entrer dans une compréhension complémentaire.
« et je suis en colère contre mes parents, ET j’ai de l’amour pour eux, ET je tiens à leur amour. » et ce n’est, bien sûr, qu’au prix de cette colère rencontrée et exprimée en conscience qu’ils peuvent nettoyer la plaie et permettre à celle-ci de se cicatriser.
Nous n’avons, heureusement, pas tous été battus ou victimes d’abus. Toutefois, nous sommes souvent pris par cette loyauté aveugle qui nous fait craindre le désamour dès qu’il y a désaccord.
Désaccord n’est pas désamour.
Ainsi nous aurons appris non pas à écouter, à comprendre et à gérer nos frustrations, mais à les taire, quand ce n’est pas à les refouler complètement dans l’inconscient. Nous avons appris à faire les choses non pas par élan d’amour, mais par devoir ; non pas par joie de donner, mais par peur de perdre ; non pas par goût de contribuer, mais dans la crainte du rejet ; non pas dans la responsabilité, mais dans la culpabilité.
Nous aurons appris à serrer le couvercle de la cocotte-minute et à laisser le feu brûler en dessous jusqu’à explosion ou implosion ! Cela, c’est la mécanique de la violence observée |