Description
le livre "le chantage affectif" de Susan Forward n'est plus édité en France.
Je vais donc éditer ici un certain nombre de ses chapitres afin que tous puissent les consulter.
Pour lire le livre dans l'ordre, commencer par Introduction1, puis Introduction2, etc....
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Je crée un nouveau blog pour mes délires...
En plus sur blog gratuit j'ai plus accès depuis 3 jours au langage html, ce que me gonfle prodigieusement (impossible d'ajouter quoi que ce soit au menu).
Ici, je me consacrerai aux extraits de bouquins psycho.
Sur l'autre, à ma vie quotidienne z'et pensées profondissimes que vous me connaissez...

Donc l'épisode 3 de mes zaventures tatooesques qui passionnent le mondentier (quand j'étais ptiote je croyais que c'était "mon dentier", et j'y comprenois quedtchi) (et comment que je me la pète encore, ça me fait un bien fou !) est publié : sur l'autre blog !
Rdv là baaaaaas !
biz à tous |
Posté: 09:52, 25/10/2006 dans 0 Introduction |
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Introduction 1.
Quand j’informais mon mari que j’allais prendre des cours un soir par semaine, il réagit avec cette agressivité subtile dont il a le secret. « Bon me dit-il, tu fais comme tu veux. Comme d’habitude quoi. Mais quand tu rentreras, tu ne me trouveras pas forcément là à t’attendre. Je suis pourtant toujours là pour toi. Pourquoi ne peux-tu pas faire de même pour moi ? ». J’ai beau savoir que ses arguments ne tenaient pas debout, je me suis sentie terriblement égoïste. A tel point que j’ai annulé mon inscription au cours.
Elisabeth
Je projetais de partir en voyage avec ma femme pendant les vacances de Noël. Cela faisait plusieurs mois que nous y pensions avec impatience. Or, lorsque je téléphonai à ma mère pour lui dire que nous avions enfin pris les billets, elle sembla tout à coup au bord des larmes. Elle demanda : « et le repas en famille ? tu sais bien que nous nous réunissons toujours le 25 décembre. Si vous partez, vous allez gâcher la fête pour tous les autres. Comment peux-tu me faire ce coup là, alors qu’il ne me reste plus beaucoup de Noëls à fêter ? ». Bien évidemment j’ai cédé. Ma femme aura sûrement envie de me tuer, mais je ne pourrais jamais profiter de mes vacances si je croulais sous le poids de la culpabilité.
Thomas.
J’ai été voir mon chef pour le prévenir que, pour le gros projet sur lequel je travaillais, il me fallait soit des collaborateurs supplémentaires, soit un délai plus long. Dès que j’ai laissé entendre que j’avais besoin de souffler un peu, il a contre-attaqué en disant : « je sais que vous avez hâte de retrouver votre famille, mais songez que même si vous leur manquez en ce moment, ils finiront par comprendre l’importance de la promotion que nous envisageons de vous donner. Il nous faut une personne douée d’un fort esprit d’equipe. Cela me semblait être votre cas, mais enfin, si vous y tenez, libre à vous de passer plus de temps avec vos enfants. Mais n’oubliez pas que, si telles sont vos priorités, nous pourrions être amenés à repenser votre plan de carrière. » J’ai eu l’impression que le piège se refermait sur moi. Je ne sais plus quoi faire.
Claire.
Quelle est la dynamique à l’œuvre dans ces récits ? Pourquoi certaines personnes ont-elles le chic de vous faire penser : « ça y est, j’ai perdu. Je cède à tous les coups. Je n’ai pas exprimé ce que j’éprouvais réellement. Pourquoi est ce que je ne parviens jamais à me faire comprendre ? Pourquoi suis-je si incapable de me défendre ? » On sait que l’on s’est fait avoir. On ressent un mélange de frustration et d’amertume pour avoir renoncé à ce que l’on voulait afin de contenter quelqu’un d’autre. Mais on ne voit pas comment y remédier. Comment se fait-il, se demande-t-on, que certains individus arrivent à me dominer psychologiquement, à me donner un tel sentiment de défaite ?
C’est que, dans ces situations dont on ne peut sortir gagnant, on a affaire à des experts en matière de manipulation. Ils vous gratifient d’une douceur rassurante quand ils obtiennent ce qu’ils veulent, alors qu’ils n’hésitent pas à vous menacer pour l’obtenir ou, face à un refus de votre part, à vous remplir de doutes et de remords. Ils donnent ainsi l’impression d’appliquer une stratégie bien conçue mais, en réalité, ils n’ont pas nécessairement conscience de la nature de leurs méthodes. Certains d’entre eux peuvent même afficher une grande gentillesse et une patience infinie qui désarme toute méfiance.
Il s’agit en général d’un seul individu – conjoint, parent, frère ou sœur, ami – qui exerce avec une telle constance ses talents de manipulation que l’on en oublie les rudiments du comportement adulte que l’on croyait pourtant avoir maîtrisés. Car malgré les compétences que l’on possède ou les réussites qu’on enregistre dans d’autres domaines de notre vie, on ne ressent que désarroi et impuissance en face du manipulateur. Il vous mène par le bout du nez.
Considérons le cas de Sarah, greffier du tribunal. La trentaine passée, jolie et vivace, elle sortait depuis près d’un an avec Franck, entrepreneur en bâtiment. Ce couple parut heureux et soudé… jusqu’au jour où se posa la question du mariage. Depuis, affirme Sarah, « son attitude envers moi a complètement changé. Il semblait vouloir me mettre à l’épreuve ». Elle comprit la situation au cours d’un week-end – qu’elle espérait idyllique – passé dans le chalet de Franck. « A notre arrivée, raconte-t-elle, j’ai trouvé partout des bâches et des bidons de peinture. Il m’a tendu tout de suite un pinceau. Ne sachant pas comment réagir, je me suis mise à peindre. » Pendant toute la journée, les deux travaillèrent, le plus souvent en silence. Lorsqu’ils décidèrent d’arrêter, Franck sortit une bague de fiançailles sertie d’un énorme diamant.
Interloquée, Sarah lui demanda le sens de son geste. « Il m’a dit, explique-t-elle, qu’il avait eu besoin de savoir s’il pouvait compter sur ma bonne volonté, si j’allais assumer ma part de l’effort commun au lieu de le contraindre à tout faire dans notre couple. » Comme de bien entendu, l’histoire ne s’arrête pas là :
Nous avons fixé la date et pris plein d’autres dispositions, mais notre relation ne s’est pas stabilisée pour autant. Car, à côté de tous les cadeaux qu’il m’offrait, il continuait à me tester. Si par exemple je montrais peu d’empressement à m’occuper des enfants de sa sœur un week-end, il me reprochait mon faible sens de la famille et se demandait à haute voix s’il ne valait pas mieux rompre nos fiançailles. Quand je parlais d’élargir le champ de mon activité professionnelle, il a mis en question la force de mon attachement à lui. Inutile de dire que j’ai renvoyé ce projet aux calendes grecques. C’était une suite ininterrompue d’incidents de ce genre dans lesquels c’était toujours moi qui cédais. Néanmoins, je persistais à me raconter que c’était un type formidable qui avait juste besoin de se sentir un peu plus en sécurité avec moi pour pouvoir vaincre sa peur du mariage.
Sous leur apparence civilisée, les menaces de Franck se révélèrent d’un efficacité d’autant plus redoutable qu’elles alternaient avec une tendresse suffisamment tentante pour brouiller les cartes. C’est ainsi que Sarah continuait, à l’instar de la plupart des gens dans une telle situation, à se laisser manipuler.
Pourquoi ? Parce que, à chaque fois, elle croyait bien faire en cherchant à le rendre heureux, tant l’enjeu lui semblait important. Elle avait beau en vouloir à Franck de brandir si souvent des menaces, elle justifiait ses capitulations répétées pour le maintien du couple.
Dans une relation de ce type, on concentre son attention sur les besoins de l’autre, au détriment des siens propres, et on se berce de l’illusion éphémère d’avoir ainsi acheté sa sécurité. On fait barrage aux désaccords, aux affrontements… et à la possibilité de construire une relation saine.
Des échanges exaspérants comme ceux qu’a connus Sarah compte parmi les sources de friction les plus courantes dans toute relation personnelle, et pourtant ils sont rarement identifiés et compris. Dans bien des cas, on range ces incidents dans la catégorie des « problèmes de communication ». on se dit « je suis un affective alors que lui il a un côté très cérébral », ou « elle a un autre état d’esprit ». Or en réalité le conflit ne s’explique pas par une quelconque différence de mode de communication. Il réside plutôt dans le fait que l’un des deux acteurs impose sa volonté à l’autre. Il s’agit de bien plus que d’une simple mésentente : il convient dans ce cas de parler de luttes de pouvoir, et de rapports de force. |
Posté: 03:59, 1/05/2006 dans 0 Introduction |
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Introduction 2
Je m’attache, depuis de nombreuses années, à trouver les mots pour décrire ces rapports et les tristes cycles de comportements qu’ils produisent. Selon mon expérience, il y a un déclic dans la tête de l’énorme majorité des gens avec qui j’en ai discuté dès que j’emploie l’expression de chantage affectif.
Le mot chantage, je le sais, évoque des images sinistres et inquiétantes de malfaiteurs et d’extorsion, et c’est en partie pour cela qu’on a du mal à s’imaginer son mari, ses parents, son supérieur hiérarchique, ses frères et sœurs ou ses enfants dans ce rôle. Il n’empêche : Seul le mot chantage rend bien compte des comportements dont il s’agit. En raison même de ses connotations extrêmes, il permet d’arracher le voile de dénégation et de confusion qui recouvre tant de relations.
Que l’on se rassure : ce n’est pas parce qu’une relation intime contient des éléments de chantage affectif qu’elle est condamnée. Il faut tout simplement avoir l’honnêteté de reconnaître la nature du problème et le courage de corriger les comportements qui causent tant de détresse. Ce faisant, on peut doter la relation d’une base plus solide.
Qu’est ce que le chantage affectif ?
C’est une forme particulièrement puissante de manipulation par laquelle un proche menace, directement ou indirectement, de vous punir si vous ne satisfaites pas ses désirs. Au cœur de tout chantage affectif se trouve une même mise en demeure dont seuls les détails varient selon les circonstances : si tu ne te comportes pas comme je le veux, tu souffriras.
L’extorqueur professionnel menace de faire des révélations déshonorantes sur sa victime et exige paiement d’une somme d’argent comme rançon de son silence, alors que le maître chanteur affectif vous atteint à un niveau plus profond. Il sait combien vous tenez à votre relation avec lui. Il connaît non seulement vos points faibles, mais parfois même vos secrets les mieux cachés. Et pour sincère et profond que soit son attachement, il exploite cette connaissance, chaque fois qu’il redoute de ne pas pouvoir imposer sa volonté, pour formuler les menaces qui garantissent votre soumission.
Conscient de votre désir de conserver son amour et son estime, le manipulateur affectif menace de retirer, provisoirement ou définitivement, ces sentiments ou vous donne l’impression que vous devez d’abord les mériter. Vous aimez à vous considérer comme quelqu’un de généreux et de chaleureux ? Il vous taxera d’égoïsme lorsque vous n’accéderez pas à ses demandes. Vous attachez une grande importance à la sécurité économique et au bien-être matériel ? Il vous laissera entendre que, pour prétendre à ce bonheur,-ou pour éviter de les perdre-, vous avez intérêt à remplir certaines conditions.préalables. Si vous ajoutez foi à ses menaces, vous risquez d’être pris dans un engrenage sans fin qui lui permettra de vous dicter vos décisions et votre comportement.
Vous vous trouverez entraîné dans la danse du chantage, une dans aux pas et aux partenaires potentiels innombrables.
Perdu dans le brouillard
Comment se fait-il que tant de personnes par ailleurs intelligentes et capables peinent à comprendre un mode de comportement qui semble si transparent ? L’explication tient en partie à ce que le maître chanteur affectif produit à dessein un épais brouillard qui entoure ses agissements. Si on le savait, on résisterait sûrement, mais, dans de telles conditions, on n’a tout simplement pas de visibilité. Ce brouillard comporte trois éléments : la peur, l’obligation, et la culpabilité. En injectant des dises massives de brouillard dans ses relations personnelles, notre manipulateur réussit à intimider les autres. Ils craignent de le contrarier, se croient obligés de céder à toutes ses exigences et se sentent terriblement coupables s’ils ne le font pas.
En raison de la difficulté qu’on éprouve à dissiper ce brouillard, à reconnaître comme tel le chantage affectif que l’on subit, même après coup, j’ai dressé la liste suivante. Elle devrait vous aider à déterminer si vous êtes la proie des manipulateurs.
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Les individus qui comptent dans votre vie menacent-ils de vous créer des difficultés si nous ne satisfaites pas leurs exigences ?
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Menacent-ils constamment, explicitement ou non, de mettre fin à votre relation si vous ne cédez pas ?
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Donnent-ils à entendre, explicitement ou non, qu’ils se laisseront aller, qu’ils sombreront dans la déprime ou qu’ils se feront quelque chose de grave si vous ne vous conformez pas à leur volonté ?
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Se comportent-ils systématiquement comme si votre soumission à leurs exigences ne faisait aucun doute ?
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Montrent-ils régulièrement le peu de cas qu’ils font de vos sentiments et de vos désirs ?
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Font-ils de grandes promesses que, à leurs dires, ils ne tiendront que si vous avez le comportement souhaité, mais qu’ils respectent rarement ?
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Vous traitent-ils d’égoïstes, d’individu avide ou insensible quand vous n’obtempérez pas ?
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Vous comblent-ils de louanges quand vous les satisfaites alors qu’ils vous retirent leur estime dans le cas contraire ?
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Se servent-ils de l’argent comme moyen de pression ?
Si vous avez répondu par l’affirmative ne serait-ce qu’à une seule de ces questions, c’est que vous êtes victime du chantage affectif. Je vous assure cependant que vous pouvez mettre tout de suite en pratique de nombreux changements qui auront un effet bénéfique sur votre situation ainsi que sur votre équilibre général.
L’indispensable clarté
Avant de pouvoir opérer des changements, il faut dissiper la confusion qu’on éprouve sur la nature de ses relations avec les maîtres chanteurs. Il faut faire toute la lumière sur le problème. C’est d’autant plus indispensable que, au moment même où l’on commence à percer le brouillard, le manipulateur s’emploie à en produire encore, en nappes de plus en plus épaisses. En dépit de tous les progrès accomplis par notre société dans la compréhension du psychisme humain et de la motivation de l’individu, on se trouve comme engourdi face au chantage : soudain les antennes qui, d’ordinaire permettent de se repérer dans la vie affective, ne captent plus que des parasites. Le maître chanteur peut habilement dissimuler les pressions qu’il exerce à tel point que l’on doute de sa perception du phénomène. Qui plus est, il existe un gouffre entre les actions du maître chanteur et l’image bienveillante, voire affectueuse qu’il en projette, tant à ses victimes qu’à lui-même. Résultat : on éprouve un mélange de perplexité, de désorientation et de rancune. Mais on n’est pas seul. Le chantage affectif concerne de nos jours des millions de personnes.
Tout au long de ce livre vous rencontrerez plusieurs d’entres elles qui sont aux prises avec le chantage affectif et qui trouvent le moyen d’y mettre un terme. Ce sont les récits d’individus réels qui vivent des sentiments et des conflits tout aussi réels. Vous vous identifierez sans mal à ces hommes et ces femmes qui fonctionnent avec grâce et efficacité dans beaucoup de domaines de leur vie mais qui sont tombés dans le piège du chantage. Pour peu que vous les écoutiez avec le cœur, ils auront énormément à vous apprendre. Leurs histoires sont des fables modernes qui peuvent vous servir de balises et de phares au cours de votre périple personnel.
Pour jouer au jeu du chantage, il faut être deux
Dans la première moitié de ce livre, je mettrai au jour les ressorts du chantage affectif et expliquerai pourquoi certaines personnes y sont particulièrement sujettes. Je décortiquerai la transaction du chantage en montrant ce que recherche chacune des deux parties, ce qu’elle obtient et de quelle manière. J’analyserai par ailleurs le psychisme du maître chanteur, tâche qui semble de prime abord très difficile du fait des différences considérables de caractère et de démarche que manifestent ceux qui pratiquent le chantage affectif. Certains sont passifs, d’autres ouvertement agressifs. On trouve des partisans des méthodes directes, et des manipulateurs subtils. Il y a ceux qui font bien sentir les risques qu’on court à les contrarier, et ceux qui insistent sur les souffrances qu’on leur inflige. Mais par delà toute cette diversité superficielle, ils ont tous quelques traits fondamentaux en comment, ceux qui nourrissent leurs comportements manipulateurs. Nous verrons l’usage qu’ils font de divers « outils du métier », dont la peur, l’obligation et la culpabilité, et nous chercherons à comprendre leur motivation.
Je démontrerai que tous les maîtres chanteurs ont un fond de peur : peur de la défaite, peur du changement, peur du rejet, peur d’une perte de pouvoir ; chez certains, ces peurs plongent leurs racines dans une longue histoire d’anxiété et de doutes quant à leur propre valeur. Chez d’autres, elles naissent en réaction à des sources plus récentes d’incertitudes et de stress qui ont miné la conviction qu’ils avaient d’être capables et de vivre en sécurité. Comme nous aurons l’occasion de le voir, le potentiel du chantage connaît une envolée spectaculaire dès lors qu’augmentent les craintes dans la vie du maître chanteur. Enfin, je montrerai que des évènements déclencheurs – un amour non partagé, un divorce, la perte d’un emploi, un départ à la retraite, une maladie, un deuil – peuvent facilement transformer un intime en maître chanteur.
Gardons nous toutefois de supposer que ceux qui ont recours à des chantages affectifs se demandent tous les matins : « que puis-je faire aujourd’hui pour mieux détruire ma victime ? ». Ce sont plutôt des individus qui trouvent un sentiment de pouvoir et de sécurité dans la manipulation. Quelle que soit l’assurance qu’ils peuvent afficher, tous les maîtres chanteurs agissent à partir d’une forte angoisse.
Mais voilà : quand les autres leur obéissent au doigt et à l’œil, ils se sentent très puissants, du moins momentanément. Le chantage devient le bouclier qui les protège de leurs peurs et de leurs peines.
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Posté: 03:58, 1/05/2006 dans 0 Introduction |
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Introduction 3
Le rôle de la victime…
Et pourtant, le maître chanteur ne pourrait jamais se doter d’une telle arme sans le concours de sa victime. Eh oui : pour instaurer une relation de chantage, il faut être deux. C’est une transaction. D’où l’importance d’élucider le rôle qu’y joue la victime.
Chacun apporte à toute relation dont il fait partie une redoutable série de points sensibles : les rancunes, les regrets, les angoisses et les rages accumulés au cours de la vie. Le chantage affectif ne peut fonctionner que si l’on révèle à l’autre qu’il a bien découvert ces points sensibles et qu’on sursautera quand il les touche. Tout au long de ce livre, nous verrons que ce sont en grande partie les expériences d’enfance qui se trouvent à l’origine des fortes réactions automatiques ayant crée cette hypersensibilité.
C’est avec fascination et satisfaction que je constate l’évolution récente des idées en matière de comportement humain : contrairement à la pensée traditionnelle, qui ne voyait que des victimes (note de la copiste : ?), les conceptions actuelles mettent l’accent sur la nécessité, pour l’individu, d’assumer la responsabilité de sa vie et de ses problèmes. Cette nouvelle vision n’a nulle part une pertinence aussi grande que dans le domaine du chantage affectif. Il est facile de se concentrer sur les torts des autres et de se dire que, si ces derniers s’amendaient, tout irait pour le mieux. Or, ce qu’il faut en réalité, c’est trouver le courage et la volonté nécessaires pour changer soi-même et modifier la nature de ses relations avec ceux qui aspirent à s’imposer à nous par la manipulation. Nous rechignons à avouer que, en capitulant, nous donnons au maître chanteur les moyens de nous dominer, mais il n’empêche : cette soumission équivaut à une récompense donnée au manipulateur. Et chaque fois qu’on récompense quelqu’un d’une action, on lui fait clairement comprendre, sans même le vouloir, qu’il peut récidiver.
… Et son coût
Le chantage affectif s’étend tel le liseron, jusqu’à ce que ses vrilles finissent par s’enrouler autour de tous les aspects de la vie. Si l’on y cède dans son travail, on risque, en rentrant le soir, de passer sa frustration sur ses enfants. Il en va de même d’une mauvaise relation avec l’un de ses parents : on en fait « profiter » son conjoint. Car, malheureusement, on ne peut pas empêcher un conflit d’envahir le reste de sa vie tout simplement en le rangeant dans un casier portant l’étiquette chef ou mari. Il arrive même qu’on répercute ailleurs la situation dont on souffre en se livrant soi-même au chantage affectif pour se défouler sur un être plus faible ou plus vulnérable que soi.
La plupart des manipulateurs sont des amis, des collègues, ou des membres de la famille avec lesquels on a des liens étroits que l’ont tient à conserver. Parfois, on éprouve pour eux un amour qui se nourrit du souvenir des bons moments passés ensemble, des rares occasions de complicité qui se produisent encore et d’un long parcours commun. On reste convaincu qu’il s’agit d’une relation globalement positive que seuls les vents du chantage affectif font dévier de temps à autre. C’est ainsi que, si l’on y prend pas garde, on est aspiré par le tourbillon du chantage, dans lequel on finit par entraîner toutes les personnes de son entourage.
Car on paie le prix fort pour des capitulations répétées. Les paroles et les actes du manipulateur maintiennent la victime dans un état de déséquilibre, de honte et de culpabilité. On a beau avoir conscience de la nécessité de changer la situation et se jurer encore et encore de le faire, on découvre à chaque fois qu’on est retombé dans le piège. On commence du coup à douter de sa capacité à respecter ses vœux personnels et à perdre confiance en son efficacité : rude épreuve pour l’amour propre. Qui pis est, chaque nouvelle reddition amenuise un peu la conviction qu’on a de sa propre intégrité, cette boussole interne qui aide chacun à déterminer ses valeurs et ses actions. Que le chantage affectif n’appartienne pas à la catégorie des atteintes graves à la personne ne doit pas pour autant vous conduire à en minimiser la portée. Subi régulièrement, le chantage affectif vous détruit à petit feu dans une escalade qui met de plus en plus en péril non seulement vos relations les plus importantes, mais aussi votre estime de vous-même.
De la prise de conscience à l’action
J’exerce le métier de thérapeute depuis plus de 25 ans au cours des quels je me suis occupée de plusieurs milliers de patients dans des contextes différents. Mais en dépit de cette diversité, je peux néanmoins me hasarder à une généralisation, sans craindre de tomber dans la moindre contradiction : aucun vocable de notre langue ne fait aussi peur que le mot changement. Cette source universelle de frayeur a bien peu de partisan, à tel point que la plupart des individus, y compris l’auteur de ces lignes, déploient par moments des trésors de créativité pour l’éviter. Si insupportable que soit le statu quo, on semble préférer le maintenir, plutôt que de faire les choses autrement.
Mais la vie professionnelle et la vie personnelle m’ont également appris cette certitude absolue : rien ne changera tant qu’on n’aura pas modifié son comportement. La perspicacité à elle seule ne suffit pas. Le fait de comprendre pourquoi on se comporte de manière à miner son propre bien-être ne mettra pas fin à ce comportement si stérile. Ajoutons qu’il est tout aussi inutile de harceler le manipulateur ou de le supplier d’arrêter. Non, il faut agir. Il faut faire le premier pas sur un chemin inconnu.
Pour un nouveau langage du choix
Mes livres précédents donnaient la priorité à la recherche de solutions, et celui-ci ne fait pas exception à la règle. Dans le deuxième partie, nous examinerons étape par étape le large éventail de choix dont on dispose quand on devient la cible d’un chantage affectif. Car, contrairement à ce que supposent la plupart des gens, on a souvent plus d’options qu’on ne le croit. C’est là une puissance source d’autonomie. Nous verrons des stratégies qui permettent à la fois de tenir bon, même dans les cas de forte intimidation, et de se sentir bien dans sa peau. Des check-lists, des exercices, des scénarios hypothétiques et des techniques de communication non défensive complèteront le tableau. Ce sont des méthodes que, depuis un quart de siècle, j’affine et j’applique dans le cadre de mon travail, et qui marchent.
Par ailleurs, et c’est tout aussi important, je vous aiderai à vous retrouver face aux grandes questions éthiques, morales et psychologiques qui se posent à tous ceux qui doivent affronter des chantages affectifs :
Dans quels cas fais-je preuve d’égoïsme, et dans quels cas est ce que j’agis au contraire par simple fidélité à mes désirs et à mes priorités ?
Combien puis-je donner de moi-même sans sombrer dans l’amertume ou la déprime ?
Fais-je violence à mon intégrité en cédant au maître chanteur ?
Je vous donnerai les outils permettant de déterminer, au cas par cas, où commencent et où s’arrêtent vos responsabilités envers autrui. C’est l’une des clés de tout effort pour s’affranchir de la manipulation.
Ce livre vous aidera par ailleurs à réduire et à maîtriser les sentiments de culpabilité que les manipulateurs vous inspirent. Vous apprendrez à mieux supporter le malaise que l’on éprouve inévitablement lorsqu’on commence à modifier son comportement afin de se libérer d’une culpabilité imméritée. Comme nous le verrons, celle-ci diminue au fur et à mesure qu’on adopte un comportement sain d’affirmation de soi. Et sans culpabilisation, le maître chanteur n’a plus de pouvoir.
Je vous accompagnerai tout au long de cette odyssée scandée par les transformations internes qui vous permettront de vous débarrasser de vos réactions spontanées au chantage affectif et de les remplacer par des choix conscients et positifs. Vous établirez les limites que vous refuserez de dépasser pour satisfaire autrui au détriment de votre propre bien-être.
Parallèlement à cette formation à la résistance, vous apprendrez à détecter les incidents de chantage affectif qui ne méritent guère une véritable riposte ou face auxquels il serait plus astucieux de composer. Dans certaines situations extrêmes, bien sûr, le seul recours sensé consiste à rompre radicalement avec le manipulateur. Nous verrons pourquoi, dans ce cas, toute autre réaction est vouée à l’échec.
Lorsque vous aurez appris à vous libérer du cycle débilitant du chantage affectif, vous éprouverez une énergie et un enthousiasme auparavant inimaginables.
« J’ai enfin réussi à dire non à mon petit ami, m’a raconté une patiente, et à me rendre compte du caractère irrationnel de ses exigences. Je n’ai rien fait pour le blesser, même s’il aimerait soutenir le contraire. Et pour la toute première fois, je n’ai pas réagi en me fustigeant et en lui téléphonant un quart d’heure après pour m’excuser. »
Ce livre est destiné à tous ceux qui s’efforcent de maintenir leurs liens avec leur partenaire, un parent, un collègue ou un ami qui est en train d’étrangler une relation par ailleurs positive avec les lianes de la manipulation.
Même si je ne peux être physiquement présente à vos côtés alors que vous entreprendrez ces transformations profondes et parfois douloureuses, je vous offrirai un fort soutien moral à toutes les étapes. Je vous assisterai dans la tâche primordiale qui consiste à construire de nouvelles relations saines, non seulement avec les manipulateurs que vous connaissez, mais aussi avec vous-même.
Il faut un courage indéniable pour affronter le chantage affectif. Ce livre vous en donnera les moyens.
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Posté: 03:57, 1/05/2006 dans 0 Introduction |
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