200808 5 - Rêve érotique...

REVE
J'étais à la fenêtre. Je regardais cet arbre sous lequel tu étais assis.
Une couverture en patchwork posée sur le sol. Tu la froissais en ramenant tes genoux à ta poitrine.
Tu était nue. J'imaginais ta respiration. Inspiration. Expiration. Ton ventre s'arrondissait puis s'aplatissait. J'eu envie de poser ma tête sur cette vie qui était la tienne et d'entendre ton cœur battre et me rassurer.
Tu lisais Baudelaire me semble-t-il... "Les fleurs du mal", ton livre préféré, tu le connaissais par cœur.
Tu amenas un doigt à ta bouche et y passa furtivement la langue. Un frisson me parcouru. J'eu envie de goûter à ta saveur?
Ta main revint au livre que tu tenais fermement. Comme tétanisé par la beauté des vers lus. Tu tournas une page. Le bruit étais doux. Le bruissement des feuilles au dessus de toi, le soleil qui n'éclairait que tes mains et tes yeux plongés entre les mots... Je l'enviais ce Baudelaire!
Et moi, j'étais là, te regardant, t'espionnant de cette fenêtre. Je regardais une dernière fois ton corps avant de me décider à venir jusqu'à toi.
L'herbe étouffais le bruit de mes pas. Hypnotisé par le génie de cet auteur tu ne m'entendis même pas venir. Je m'arrêtais à mi-chemin, observant à nouveau les aléas de ta respiration.
Symphonie de l'air, des oiseaux chantant, du vent dans les arbres et de mon amour.
Je repris ma marche rapide vers toi. Pas à pas, l'envie me gagnait plus encore... "te toucher!..."
Je stoppais l'escalade de mes désirs face à toi. Je cachais malgré moi la lumière de tes vers. Tu levas la tête. Tu me regardas.
"Abandonnes Baudelaire!
Abandonne-toi à moi!"
Tu me fixais, un regard sans expression. Aurais-tu retrouvé la même clarté des strophes dans la prunelle de mes yeux?
Sans bouger, j'ai joué le jeu. Je te regardais fixement, oubliant la symphonie qui m'avait mené jusque là car une nouvelle harmonie allait commencer.
Soudain, comme une inspiration cachée depuis trop longtemps, ta voix explosa et tu me dis, plongeant encore plus ton regard dans le mien:
"- Le ciel versait ses ténèbres sur le triste monde engourdi".
Le vent soulevait ta couverture ... Te voilà nue malgré toi...
Tes yeux ne quittaient pas les miens. Pas même lorsque doucement tu te releva, pas plus lorsque tu me pris la main et pas mieux quand tu serras ton corps au mien. Un regard immense, coloré, musical, amoureux... magique!
S'en était trop! Je fermais les yeux pour mettre un terme à cette torture. Je t'embrassais tendrement.
Mes mains caressaient tes bras nus. Tu ne présentais aucune défense.
Baudelaire était seul couché dans l'herbe et la couverture s'offrait à nous. Tu m'entraînas sous l'arbre. Tu m'allongeas. Mes vêtements en peu de temps furent ôtées et tes yeux mirent mon âmes à nu.
Mon désir m'avait porté jusque là. Mais "jusque là" ce n'était rien encore.
Tout commençait. C'était un beau rêve ...

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