200808 9 - M...comme Miracle
Je peins le bonheur sur les brumes matinales,
Paysages éphémères qui vers les cieux s'élèvent,
N'aimant le soleil qu'aux premières lueurs de l'aube,
Lorsque les pensées, à la fine toile liées,
N'osent encore contempler l'éclat du présent.
Je peins la brume, souvenir posthume.
Le monde apparaît en sa clarté naissante.
Nul miracle, simple poursuite de vies,
Corps tourmentés par la valse des sentiments,
Ames aiguisées sur la roue du présent
Qui sans cesse engage dans l'hier
Les bonheurs d'instants muets en prières.
Sous la voûte de pierre résonnent les murmures
Des êtres — esprits croyants — qui posent l'avenir
Sur les vents d'un soupir
Et que la vie emmure.
Regards en reflet à la surface des lacs
Où l'eau se morfond dans le calme hivernal,
Attendant que s'ouvrent les terres et dans les profondeurs abyssales
S'engouffrer en une plainte élégiaque.
Les larmes convenues des soirs d'orage,
Les armes factices des jours de révolte,
Et dans les cratères de la rue, la rage
D'une foule que le vent exhorte.
Les brumes s'affalent sur les pavés luisants,
Etalant les couleurs de mes espoirs défunts,
Troublant la quiétude des eaux endormies
De lacs urbains d'âmes emplis.
En fines gouttelettes l'aimée se répand
Aux crevasses des paupières d'une rue
Eveillée. Les pas des chalands
D'elles chargés, sèchent au soleil écru.
Où donc va la brume,
Lourde d'humaine amertume ?

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