
Perte de vue
En un geste d’amour,
l’astre s’est glissé dans les draps du couchant
sans défaire les fils de soie
qu’il a tissés au large.
Tout d’un coup l’immensité se déshabille.
La fraîcheur est devenue l’amante
de cette nuit qui se donne.
Si nous nous blottissons contre elle,
c’est que nous sommes façonnés au dur labeur des forges,
coeurs éblouis de canicule, fourbus d’incandescence.
Ce soir, nous voulons tendre vers la profondeur bleue
d’horizons apaisés.
Il nous faut réparer nos forces
avant de mesurer notre éveil à l’insolence des jours.
La vie est un combat, dure loi.
Je ne lutte pas, je veux être,
le ciel enivre l’oiseau,
la mer épouse le rocher,
un baiser couvre un baiser,
Parce que nos vies sont un voyage d’amour de la vie,
Ô vie, donne-moi à aimer sans étancher ma joie !
A perte de vue, la mer,
à perte de vue, le regard des oiseaux et des hommes...
