Chère amie,
si je vous écris maintenant c'est parce que je me languis de vous. Sans votre présence qui illuminait tant et si bien ma journée je me sens seul. Plus que vous ne pouvez le croire et même je me retrouve plus malheureux qu'avant notre rencontre. Cet instant où vous avez croisez mon regard pour la première fois alors que vous dîniez sous l'érable, près du lac est le plus beau souvenir de ma vie. Je m'en veux tellement de sans le vouloir de vous avoir froissé par mes manières. Je le sais vous n'avez jamais voulu de moi et je ne vous en veux point. Dîtes-moi qui s'abaisserait à aimer un orphelin sans terre? S'il n'était de votre condition de grande Dame, je vous aurai épousé sur le champ, rien que pour votre sourire. Qui est infiniment plus beau que toutes choses que je n'ai vues. J'ose espérer que vous m'excuserez de ma lettre interdite. J'outrepasse la bienséance en vous l'écrivant.
Une jeune femme qui était assise dans un fauteuil blanc tenait entre ses mains délicates de pianiste une lettre. Celle-ci était courte et soignée, écrite par une main amoureuse des détails. Fébrilement, la jeune femme lisait les courtes phrases et chaque mot la blessait en lui arrachant des larmes. À la toute fin, elle manqua défaillir et c'est de peine et misère qu'elle se dirigea vers un bureau pour y répondre.
«Cher ami, écrivit-elle et sans le vouloir ses larmes tachèrent le fin papier. Cette lettre que vous m'avez écrite ma profondément blessée. Non pas par vos propos interdits mais bien car j'ai si peur d'avouer comme vous mon amour. Je vous attendrez à jamais. Mais tout cela me rend triste car mon devoir m'oblige à refuser ce bonheur.»
Chevalerie