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• 12/01/2006 - Dexia

Posté dans INVESTISSEMENT


Axel Miller, administrateur délégué et président du comité de direction: se Développer , c'est accepter de prendre des risques
Propos recueillis par Marie-Jeanne Pasquette
n° 3162
paru le 13/01/2006

Dexia L'ex-Crédit local de France n'a pas toujours tenu ses promesses de valeur défensive. Ses déboires aux Pays-Bas font partie du passé mais, depuis un an, l'action n'a progressé que de 15 %. Son nouveau patron nous dévoile ses projets.

La Bourse a salué, dès décembre, votre arrivée à la tête de Dexia. Quelle est votre ambition pour le groupe ?

A.M. Dexia est né en 1996 mais certaines des sociétés qui le composent existent depuis près de 150 ans. Le passage de témoin ne changera pas la physionomie de l'entreprise et, avec Pierre Richard, qui devient président du conseil d'administration, nous continueront à travailler ensemble comme nous le faisons depuis quatre ans. Modifier nos objectifs n'est pas à l'ordre du jour. Je m'inscris dans la perspective d'une croissance de notre bénéfice par action et de notre dividende de 10 % l'an en moyenne d'ici à 2007. Dexia est un groupe franco-belge, leader mondial du financement des collectivités locales mais encore dépendant des marchés belge et français. Nous devons donc identifier et quantifier nos zones de croissance dans le futur. Nous avons lancé une réflexion sur ce que sera Dexia dans dix ans, et je souhaite, d'ici à mai-juin, présenter au conseil un plan d'action à long terme qui se traduise par un engagement fort d'un point de vue stratégique.

Les observateurs craignent que vous ne vous opposiez à tout rapprochement, comme dans le dossier Fortis. Qu'en est-il ?

Je suis un partisan du « ni-ni », ni obsession du partenariat, ni exclusion. Mon ambition pour le groupe est saine. Ce qui est important pour nos actionnaires, c'est la création de valeur, et je souhaite mener un projet de développement que l'on peut qualifier « d'industriel ». Si un dossier de rapprochement mérite d'être étudié, nous le ferons. En ce qui concerne Fortis, ce projet n'aurait créé de valeur ni pour les clients, ni pour le personnel, ni pour les actionnaires.

Dexia n'a pas toujours tenu ses promesses de valeur défensive. Cela va-t-il changer ?

Ce qui compte, c'est que nous parvenions à clarifier certains messages. Privilégier le développement, c'est aussi accepter une certaine prise de risques. C'est au management de montrer qu'il est capable de limiter ces risques et de respecter une discipline financière stricte en matière d'acquisitions. De même, avec le passage aux normes IFRS, il va falloir se préparer à accepter une certaine fluctuation des résultats affichés par les banques du fait de la variation d'indicateurs externes.

A quels choix êtes-vous confrontés et selon quelle échéance ?

Chez Dexia, nous avons le « luxe du temps » dans tous nos métiers, la capacité de prendre des options à long terme. Dans le domaine du financement public, qui génère 52 % de nos profits, nous avons une longueur d'avance. Ce sont nos encours de crédit, d'une durée de huit à dix ans en moyenne, qui créent de la valeur, plus que la production d'une année. Or, actuellement, grâce à nos capacités d'innovation et à notre connaissance du marché, nous engrangeons des profits futurs car nous savons tarifer dès aujourd'hui les contreparties qui nous procureront, à long terme, le meilleur rapport bénéfices/capitaux propres engagés, compte tenu de l'évolution attendue des ratios prudentiels (Bâle II). Sur le plan mondial, des possibilités de développement très vastes existent au Mexique, au Canada et aussi au Japon, où la taille du marché du financement public est supérieure à celle du marché européen. Nous voulons nous y développer en partenariat avec des acteurs locaux. De même, des pans entiers du marché mondial restent fermés au secteur privé : la Chine, par exemple, est un marché gigantesque mais c'est l'Etat qui finance les collectivités et il faudra du temps avant que cela change.

Dans la banque de détail, le rachat de réseaux à l'international reste-t-il prioritaire ?

Nous n'avons pas le couteau dans le dos. Dans la banque de détail en Belgique, nous pouvons encore progresser plus vite que le marché grâce à des plans d'action très volontaristes. Après la fusion avec Artesia, nos effectifs ont été ramenés de 9 500 personnes en 2001 à 7 200 aujourd'hui. Et cette organisation peut encore être rationalisée avec une croissance des charges moins forte que l'inflation. Les marges de la banque de détail domestique, qui contribue pour 27-28 % à notre bénéfice net et en génère plus d'un tiers si on inclut la gestion d'actifs, devraient donc encore s'améliorer grâce à l'effet ciseaux. A l'international, la BCR, première banque roumaine, était une cible intéressante mais, à plus de 5 fois ses fonds propres, le prix n'était pas conforme à nos critères. Nous restons en revanche candidat pour le rachat de la caisse d'épargne roumaine, CEC, plus petite. Si notre offre est retenue, nous nous développerons dans la banque de détail en Roumanie, mais aussi sur le marché des PME et des financements publics. Dans cinq ans, la CEC ne ressemblera plus à ce qu'elle est actuellement.

Allez-vous poursuivre votre programme de rachat d'actions en 2006 ?

Le rachat d'actions est une technique intéressante pour restituer aux actionnaires des excédents de fonds propres. Ce n'est toutefois pas une stratégie en tant que telle. En 2005, nous avions annoncé un programme de rachat d'actions de l'ordre de 600 millions d'euros sur l'ensemble de l'année. En 2006, il faut s'attendre à ce que les rachats d'actions soient moins importants, compte tenu de la croissance très forte de nos activités commerciales (surtout dans le financement public) et de nos projets de développement.

 


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