Les Echos
La biotechnologie française commence à prendre corps à la Bourse
NicOx atteint désormais une capitalisation boursière supérieure à 850 millions d'euros. Les autres valeurs ont des valorisations très honorables.
Le secteur de la biotechnologie à la Bourse de Paris, longtemps extrêmement clairsemé, commence à s'étoffer. Non seulement par l'arrivée de nouveaux titres, mais aussi par l'augmentation de sa valorisation.
Alors que l'indice CAC 40 a progressé d'un peu plus de 15 % cette année, NicOx a bondi de plus de 500 %, pour atteindre désormais une capitalisation boursière de plus de 850 millions d'euros. Ce laboratoire de Sophia-Antipolis, spé******te de la libération d'oxyde nitrique - qui doit rendre plus efficace l'administration des médicaments -, a profité en début d'année de deux accords majeurs de partenariat, avec Pfizer et Merck & Co. En octobre, l'entreprise a annoncé que l'essai clinique de phase 3 sur un médicament contre l'arthrose du genou, le Naproxcinod, a donné des résultats positifs. « Compte tenu de nombreuses annonces de produits et partenariats attendu au cours de la première moitié de l'exercice 2007, nous ré- évaluons l'ensemble de la valeur du portefeuille des produits en développement de NicOx », soulignait récemment CM-CIC Securities.
Le succès de Transgene Mais d'autres valeurs du secteur ont fait de beaux parcours cette année, comme Transgene (plus de 70 %), dont la capitalisation atteint désormais plus de 180 millions. Le titre s'est envolé dernièrement après des essais en phase 2 jugés prometteurs sur un vaccin thérapeutique contre le cancer du col de l'utérus. Ce produit pourrait intéresser Sanofi-Aventis, Merck & Co. ou GlaxoSmithKline.
Les deux derniers arrivés à la Bourse de Paris n'ont pas démérité non plus. Innate Pharma, une entreprise biopharmaceutique marseillaise, spé******te de l'immunologie, a progressé de plus de 30 % depuis son introduction sur le marché début novembre. Sa capitalisation atteint plus de 150 millions d'euros. Genfit, un laboratoire lillois, qui travaille sur les dérèglements du fonctionnement des gènes à l'origine de maladies comme le diabète ou l'athérosclérose, a été admis sur le marché le 19 décembre. Le cours a grimpé de plus de 60 % depuis lors, et sa capitalisation atteint désormais environ 170 millions.
D'autres valeurs « biotech » françaises ont montré des parcours décevants en 2006, comme ExonHit Therapeutics (- 4 %), BioAlliance Pharma (+ 5 %) ou Cerep (- 30 %). Mais leurs capitalisations dépassent encore la barre des 100 millions d'euros.
Après l'explosion de la bulle boursière en 2000, le trou noir de six ans qu'a connu la biotechnologie sur le marché parisien, avec l'absence d'introduction entre fin 1999 (NicOx) et fin 2005 (ExonHit Therapeutics), pourrait n'être qu'un mauvais souvenir.
THOMAS LE MASSON
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